Un économiste met en exergue les points faibles du financement de la recherche

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Le professeur Diagne introduisait le thème investir mieux pour investir plus à l'occasion de la conférence-débat organisée à l'UCAD 2 par la section SUDES (Syndicat unique et démocratique des enseignants du Sénégal) des universités sur le thème : La recherche dans les Universités : organisation et financement. Les ressources existent, a dit Adoulaye Diagne, estimant toutefois qu'il y a un problème lié à leur orientation, à leur allocation. Ces ressources sont souvent orientées vers les dépenses de fonctionnement, a-t-il noté. Selon le chercheur, il y a une négligence de la question de la recherche dans les universités sénégalaises avec l'absence d'une politique globale. Depuis 1996, la réflexion a surtout pris en compte l'enseignement supérieur. Il a relevé l'absence de données sur le sujet. Rien n'est fait pour mesurer la contribution de la recherche dans le développement du pays, selon Abdoulaye Diagne, qui a souligné aussi que les enseignants, malgré leurs bons salaires, orientent souvent leurs recherches dans une perspective de carrière et non dans le développement. Abdoulaye Diagne a esquissé de préalables à la mobilisation des ressources destinées à la recherche. Il faut, selon lui, définir une politique nationale de développement de la recherche avec des objectifs réalisables et ambitieux. Deux universités sénégalaises doivent aussi figurer sur le classement de Shanghai (sur les meilleures universités du monde), estime Abdoulaye Diagne. A cela s'ajoutent l'adaptation des appels à fonds aux résultants des recherches, la réforme du système d'incitation des chercheurs et la mise en place dans chaque université d'une politique de recherche. Parmi les mécanismes de financement de la recherche, le professeur Diagne propose les fonds publics, une réallocation des dépenses destinées à l'enseignement supérieur, l'octroi de ressources pour les voyages d'études, la mise en place de fonds de soutien aux unités de recherche qui acceptent de concourir. Il a aussi proposé le financement privé et les sources de financement extérieur, etc. Lors de la conférence, le professeur d'économie Mamadou Dansokho a aussi esquissé des sources de financements alternatifs pour les études supérieurs avec la contribution des étudiants. Evoquant une étude réalisée en 2006 à l'Université de Saint-Louis à et l'UCAD, il souligné que les étudiants sont prêts à payer davantage. Mais en contre-partie, ils réclament aussi, selon le professeur Dansokho, l'amélioration de la qualité des études.