Mise en place d'un partenariat stratégique pour assurer la durabilité des pêches

Agriculture

Dakar, 24 jan (APS) - La Banque mondiale, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Fonds mondial pour la nature (WWF) ont initié la préparation d'un partenariat stratégique portant sur la mise en place d'un fonds d'investissement pour appuyer la durabilité des pêches en Afrique subsaharienne. La décision a été prise par des représentants de gouvernements, d'associations de pêcheurs, et de la société civile d'une vingtaine de pays du continent africain, ainsi que des partenaires au développement, réunis en atelier du 18 au 20 janvier dernier à Dakar, indique un communiqué du WWF transmis lundi à l'APS. Ce partenariat stratégique répond à une requête formulée par le Fonds pour l'Environnement Mondial (FEM, créé en 1991) à l'endroit de la Banque mondiale pour que celle-ci, aidée de ses partenaires, mette en place un mécanisme de financement visant à augmenter l'appui au secteur de la pêche pour une gestion durable des ressources halieutiques en Afrique subsaharienne, explique la même source. Ce Fonds d'investissement, d'un montant de 60 million de dollars US, en faveur d'une pêche responsable (SIFIF) sera décaissé en trois tranches sur une période de 10 ans pour co-financer des projets liés à la gestion durable des pêches et à la réduction de la pauvreté dans les zones côtières d'Afrique subsaharienne, poursuit le communiqué. Le texte ajoute que les pays côtiers de l'Afrique subsaharienne qui se qualifieront, pourraient toucher les premiers dollars dès 2006. L'atelier visait à valider les critères d'éligibilité établis et à discuter des mécanismes d'accès à ce fonds, rappelle le texte ajoutant que la cérémonie d'ouverture a été présidée par Sidy Guèye, directeur de cabinet au ministère de l'Economie maritime du Sénégal. Les séances de travail ont été dirigées par Alassane Dieng de la Direction des Pêches Maritimes du Sénégal. Vu l'importance capitale du secteur de la pêche en Afrique subsaharienne qui fournit emplois (environ trois milions), nourriture (entre 23 et 70 % des protéines animales consommées quotidiennement) et devises (1,7 milliard de dollars US en 2001), le WWF n'a pas hésité à se joindre activement au partenariat pour la conservation des Grands Ecosystèmes Marins (GEM) et ainsi contribuer à la réduction de la pauvreté des communautés côtières, indique le communiqué. Selon le docteur Papa Samba Diouf, coordonnateur du Programme marin du WWF en Afrique de l'Ouest (WAMER), cité par le texte, les solutions pour asseoir une pêche durable en Afrique subsaharienne, sont à notre portée. Parmi les conditions sur lesquelles les critères d'éligibilité des projets doivent insister, M. Diouf a cité le développement d'une vision partagée ainsi que la volonté et le courage politiques de résoudre les réels problèmes. Pour Rolf Willman du département des pêches de la FAO, la participation de son institution à ce partenariat stratégique s'inscrivait dans la logique de la mise en œuvre du Code de conduite pour une pêche responsable adoptée en 1995 et de ses différents Plans d'action internationaux. M. Willman a notamment rappelé que la FAO finalise actuellement des directives techniques pour l'accroissement de la contribution de la pêche artisanale à la réduction de la pauvreté et à la sécurité alimentaire. Le docteur François Le Gall de la Banque mondiale, responsable de la préparation du partenariat, a précisé que cette initiative faisait suite aux recommandations du Sommet mondial pour le développement durable tenu à Johannesburg en 2002, exhortant les institutions internationales à aider les pays en développement à gérer durablement leurs ressources et à contribuer ainsi à l'objectif général de réduction de la pauvreté. ADC