Plaidoyer pour la mise en œuvre d'une Stratégie de croissance accélérée (SCA)

Economie

Dakar, 14 jan (APS) - Le directeur général adjoint de l'Agence nationale chargée de la promotion de l'investissement et des grands travaux (APIX), Hamath Sall, a insisté, jeudi à Dakar, sur la nécessité de la mise en oeuvre rapide de la Stratégie de croissance accélérée (SCA). La mise en oeuvre d'une stratégie de croissance accélérée est rendue urgente par le fait qu'entre autres facteurs, le produit intérieur brut du Sénégal a été divisé par quatre au moment où celui des autres pays qui étaient au même même niveau de développement en 1960 a été multiplié par 3 voire 7, selon M. Sall. Il s'exprimait au cours d'un dîner-débat destiné à familiariser les journalistes au concept de SCA, en prélude au conseil interministériel consacré au même sujet. Le directeur adjoint de l'Apix qui a notamment rappelé que de 1960 à 1994, le PIB du Sénégal a été divisé par quatre, a indiqué que si le Sénégal avait maintenu ses parts à l'exportation, on aurait un PIB de 20 milliards de dollars, à la place de cinq milliards de dollars. Le Sénégal qui n'a qu'un PIB par habitant de 700 dollars pointe loin derrière la Tunisie avec ses 2400 dollars et les pays développés dont le PIB oscille entre 25000 et 30000 dollars. M. Sall a, en outre, expliqué que dans la même période, le Sénégal a connu un taux moyen annuel de 2,7 pour cent, alors que sa démographie augmentait à hauteur de 2,9 pour cent. Rien que cela peut justifier l'élaboration de la stratégie de croissance accélérée, a-t-il poursuivi en citant l'exemple des pays comme la Thaïlande, la Malaisie, l'Indonésie, et notamment Taïwan devenue aujourd'hui l'île de science et de technologie. Tous ces pays avaient le même PIB que le Sénégal en 1960. Selon ses projections, il a estimé qu'il faudrait 30 ans pour doubler la croissance actuelle de 5 pour cent non sans relever que la période d'après dévaluation a été la seule où le Sénégal a connu une croissance stable, même si elle restait insuffisante, car ne permet pas de relever de manière satisfaisante, le niveau de vie de la population. Le directeur adjoint de l'APIX a expliqué cette situation par un asservissement du PIB global par le PIB Primaire. Dans la stratégie de croissance accélérée, l'approche de grappes basée sur des pôles de compétitivité intégrant tous les acteurs d'un même domaine d'activité, va se substituer à l'approche sectorielle classique qui ignore les liens entre les intervenants d'un même secteur. Il a, à cet effet, indiqué que le Sénégal a une carte à jouer dans les domaines des TIC, des téléservices, de l'habillement, du tourisme et de l'agro-industrie. Hamath Sall a souligné que la Stratégie de croissance accélérée continuera à s'inspirer de la Stratégie de réduction de la pauvreté (SRP), précisant, cependant, que ce document s'est jusqu'ici limité à édicter une stratégie globale. Il faut un processus cumulatif pour arriver à un certain taux de croissance, car cela ne peut se faire du jour au lendemain, a estimé pour sa part, Aliou Faye, du Centre d'étude de politiques pour le développement (CEPOD). ALD/MIS/CTN