Les secrétaires communautaires plaident pour leur recrutement dans la fonction publique

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Louga, 9 jan (APS) - Les secrétaires communautaires réunis dans une association nationale mise sur pied le 11 décembre dernier à Kaolack ont demandé, samedi à Louga (20 Km au nord de Dakar), à être intégrés dans la fonction publique pour mettre fin à la précarité de leur statut. Les 320 secrétaires communautaires membres de l'Association nationale des secrétaires communautaires (ASECOM), qui estiment avoir un statut précaire, ont souhaité lors de la première réunion du bureau de 15 membres leur recrutement dans la fonction publique. Nous avons convenu de faire une demande collective de recrutement dans la fonction publique adressée au président de la République pour apporter une solution durable à nos problèmes, a indiqué le président de l'association, Amadou Bâ relevant que cela constitue un point du plan d'action conçu le même jour. Ce plan devra être mis en œuvre jusqu'au mois de mars. Les secrétaires communautaires sont essentiellement d'anciens volontaires du service civique national ayant au moins le niveau du baccalauréat, convoyés en 2002 dans les communautés rurales pour assister les présidents dans l'exécution de leurs tâches administratives et financières, le suivi des engagements et l'organisation de l'état civil. Le bureau de l'ASECOM, réuni à Louga a dénombré une cinquantaine de leurs collègues abusivement licenciés par les présidents de conseil rural, identifié des problèmes liés notamment au manque de suivi et de coordination de la Direction des collectivités locales (DCL), au non respect des termes de références par certains présidents de conseil rural, au manque de formation de certains secrétaires communautaires. Les secrétaires, en principe régis par un décret présidentiel et qui ont fait montre de leur aptitude à s'intégrer en milieu rural sont aussi confrontés à une non implication dans la prise de décision par certains présidents de conseil rural, à un manque de matériel de travail, de couverture et de garantie sociales, à un absence d'avantages liés à leur profession. Ne bénéficiant ni de congés et pas de frais de mission, les secrétaires communautaires ont créé, avec le soutien de juristes, une commission de rédaction d'un projet de statut devant prendre en charge la sécurité sociale, les indemnités et autres avantages liés à leur fonction, le congé annuel, la définition d'un plan de carrière, la possibilité d'être affecté. En outre, les secrétaires communautaires qui effectuent le même travail qu'un secrétaire municipal se sont désolés du changement d'appellation de leur profession. Devenus assistants communautaires, ils considèrent qu'ils sont désormais révocables à tout moment. Leurs revenus sont aussi imputés de 23 pour cent de taxes. Les secrétaires communautaires projettent de mener durant les trois mois à venir un plaidoyer à l'endroit des députés et autres élus locaux, des membres du Conseil de la République pour les affaires économiques et sociales (CRAES), du Conseil des ONG d'appui au développement (CONGAD) ainsi qu'une campagne médiatique. Le bureau de l'ASECOM entend également conscientiser les présidents de conseil rural, interpeller la Direction des collectivités locales sur l'urgence de recueillir leurs avis avant tout licenciement. Ils vont s'atteler à recenser leurs collègues remerciés et les postes vacants ont émis l'idée de saisir les juridictions compétentes sur les nombreux licenciements abusifs. Les secrétaires communautaires veulent aussi avoir la possibilité de se présenter aux concours professionnels, de créer une mutuelle de santé et être indemnisé par les projets intervenant dans la communauté rurale et sollicitant leurs services. PON/ADC