Khadim Mbacké pour une délimitation entre Charia et Tarîqa

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Dakar, 8 jan (APS) - La Tarîqa, qui est le domaine de confréries, est un choix personnel, alors que l'adhésion à la Charia (loi islamique) est une obligation universelle, a déclaré samedi à l'APS l'islamologue Khadim Mbacké, estimant que cette compréhension permettrait d'éviter des discussions stériles. De toute façon, on ne peut pas être musulman sans adhérer à la Charia, mais on peut parfaitement être musulman sans adhérer à une Tarîqa. Il faut le prendre comme ça pour ne pas entrer dans des discussions stériles, a expliqué M. Mbacké, directeur de recherche à l'Institut fondamental d'Afrique noire (IFAN Cheikh Anta Diop). Il y a deux niveaux, a-t-il poursuivi, celui de l'appartenance confrérique et celui de l'appartenance à l'islam. Quand les gens se rencontrent à la Mecque, vous ne pouvez pas savoir qui est tidjane, qui est mouride, qui est khadre. Ils sont là-bas pour le même objectif : faire le pèlerinage et ils le font de la même manière, a souligné M. Mbacké, ajoutant que si le problème est posé à ce niveau, ce qui compte, c'est le savoir. Ce sont les qualités des personnes qui comptent pour la Ligue islamique qui ne s'occupe pas des confréries, c'est du domaine de la Tarîqa ; elle s'occupe de la Charia (loi islamique). Ce qui l'intéresse, c'est la compétence de la personne. Si la personne est compétente, peu importe si elle est khadre ou tidjane ou mouride, a encore dit Khadim Mbacké interpellé sur sa récente nomination au Conseil supérieur islamique mondial. Il a rappelé que El Hadji Ibrahima Niasse et Serigne Cheikh Mbacké Gaïndé Fatma étaient membres de l'assemblée constitutive de la Ligue islamique mondiale. De même, Ibrahima Mahmoud Diop est membre de la Ligue, et tout le monde sait qu'il est tidjane. Ce qui intéresse les gens, ce n'est pas le fait qu'il soit tidjane, c'est le fait qu'il soit un savant, a insisté l'islamologue. Le prophète Mohamed (PSL) n'avait pas de Tarîqa, ses compagnons non plus, a-t-il rappelé, ajoutant que les Tarîqa sont apparus à partir des 11ème et 12ème siècles. Il a souligné : c'est un choix personnel, on n'impose à personne. Si quelqu'un veut choisir une Tarîqa et a des raisons, c'est son affaire. On ne peut pas, au niveau de la communauté musulmane, dire que tous les musulmans doivent nécessairement avoir une Tarîqa. Il n'y a pas d'argument pour ça. ADC/BK