Le professeur Khadim Mbacké pour l'émergence de mosquées plus ouvertes à la société

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Dakar, 8 jan (APS) - Le professeur Khadim Mbacké, directeur de recherche à l'Institut fondamentale d'Afrique noire (IFAN Cheikh Anta Diop), a plaidé pour l'émergence de mosquées d'un nouveau type, plus ouvertes à la société et animées par des gens bien formés. Il nous faut promouvoir la mosquée. Il faut travailler à l'émergence de mosquées d'un type nouveau, plus ouvertes à la société, animées par des gens bien formés qui ne se contentent pas de véhiculer le message religieux mais qui rendent différents services à la société, a dit M. Mbacké dans un entretien exclusif accordé samedi à l'APS. L'islamologue a précisé que les mosquées devront désormais être intégrées dans des complexes disposant d'unités annexes comme des dispensaires, des jardins d'enfants, des salles de jeux, etc. Au Sénégal, a indiqué Khadim Mbacké, nous avons une mosquée que nous pouvons présenter comme modèle, c'est celle du Point E (un quartier résidentiel de Dakar). Là-bas, le vendredi, vous pouvez constater que c'est un lieu fréquenté. Ce sont des mosquées de ce genre que nous voulons proposer. Quand on construit une mosquée, désormais, on ne va pas se contenter du seul lieu de prière, c'est-à-dire la structure traditionnelle. On va faire de véritables complexes qui comprennent beaucoup d'unités et qui peuvent prendre en charge le maximum de besoins des populations, a expliqué M. Mbacké nommé récemment au Conseil supérieur islamique mondial (CISM). Le Conseil supérieur islamique mondial est un organe de la Ligue islamique qui s'occupe de la construction, de la gestion et de l'animation des mosquées. Tout le monde sait que la mosquée est au centre de l'islam. C'est le cœur et l'esprit de la religion, c'est la cabine de pilotage, selon Khadim Mbacké, rappelant qu'à l'époque du prophète Mohamed, la mosquée était le siège du gouvernement, et il fonctionnait en même temps comme un centre socioculturel. On l'utilisait comme école, on y faisait des conférences, des cours, on y tenait des réunions. Bref, toutes les activités importantes de la communauté s'y déroulaient, a encore dit l'islamologue, estimant que cette mission-là doit être poursuivie. (...) Les mosquées doivent se réconcilier avec la société, jouer un plus grand rôle que celui qui est connu actuellement. Elles ne doivent pas être enfermées dans le rôle strictement cultuel, mais doivent s'ouvrir à la société, a-t-il souligné, précisant que la tendance actuelle consiste à construire des complexes qui intègrent la mosquée. Elles (les mosquées) sont polyvalentes, avec des bibliothèques, des salles de jeux... C'est la tendance que l'on suit dans beaucoup de pays, notamment de l'Asie du sud. Le Conseil (supérieur islamique mondial) veut que l'on mène une réflexion qui permette l'émergence d'un nouveau type de mosquée, plus utile et plus ouvert à la société. C'est dans ce sens-là que nous allons réfléchir, et nous allons essayer de faire en sorte que la mosquée soit dans son apparence plus agréable et dans son animation plus dynamique et plus apte à répondre aux multiples besoins de la société moderne, a promis le chercheur. On va faire en sorte que les animateurs des mosquées soient bien formés. Que des imams ne soient pas des imams pris n'importe où, mais des imams bien formés, de préférence des universitaires, qui ont l'avantage d'avoir une double formation (religieuse et moderne). Des imams qui puissent parler des problèmes qui préoccupent la société, a-t-il conclu. ADC