Le vote de la loi d'amnistie de l'affaire Me Babacar Seye, principal titre à la une

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Dakar, 8 jan (APS) - Le vote par l'assemblée nationale de la proposition de loi d'amnistie de l'affaire Me Babacar Seye, intervenu hier, vendredi, occupe la devanture de la quasi-totalité des quotidiens dakarois de ce samedi. Ils l'ont fait !, s'exclame le journal, montrant des députés en train de procéder au vote de la loi Isidore Ibrahim Ezan, du nom du député libéral initiateur de la loi d'amnistie. Ezzan efface vingt ans de crimes politiques, affiche à sa une le populaire, qui souligne en sur titre que l'assemblée nationale vote la proposition de loi d'amnistie couvrant la période 1983-2004. Le même journal complète sa titraille par d'autres sous-titres relatifs notamment à : la majorité présidentielle se fissure : koureychi Thiam (PDS), Aj, la Ld et l'opposition votent contre ; Iba Der Thiam s'abstient. Les portraits de quelques ténors de la politique nationale (Tanor, Khalifa Sall, Bathily, etc) illustrent la devanture du populaire. Bleu-sang, tel est l'intitulé du billet du populaire consacré à ce sujet. La force a encore parlé. Une parodie de démocratie enveloppée dans des débats soit disant contradictoires et boom ..., note le billettiste du populaire, ajoutant : ainsi donc, malgré les notes discordantes émises depuis quelques jours, les vœux de nouvel an version Ezzan sont passés comme lettre à la poste. ... Mais considérons pour le moment qu'Amadou Clédor Séne, pape Ibrahima Diakhaté et Assane Diop sont devenus grâce au +père Noël+ Ezzan des citoyens au casier judiciaire vierge qui peuvent se présenter aux élections présidentielles de 2007 s'ils le veulent. Rien ne les en empêche puisque selon cette loi, l'assassinat de Me Seye n'a jamais eu lieu. Au juste que s'est-il encore passé le 15 mars 1993 ? Gratons-nous la nuque et ...oublions ! la tabaski approche. L'Observateur titre presque de la même façon. Personne n'a tué Me Seye. Une photo de l'illustre vice président du conseil constitutionnel illustre la vitrine du même quotidien. L'affaire Me Seye entre dans la fiction , écrit le matin qui partage sa une avec une autre manchette portant sur l'avis de Souleymane Ndiaye, un criminologue selon qui Wade doit parler. Docteur d'Etat en Droit et en sciences criminelles, le commandant de gendarmerie en retraite, Souleymane Ndiaye était le principal conseiller de Me Wade à l'époque des faits, souligne le matin. Le permis de tuer délivré, grâce au vote massif du PDS, note Sud quotidien, complétant sa manchette par des sous titres portant sur : Khoureyssi Thiam refuse de participer au complot en votant non, Iba Der Thiam s'abstient, et l'URD appuie. L'Info7 a opté pour un titre proche d'un célèbre proverbe : Qui sème le crime, récolte L'impunité. Le droit assassiné, tel est l'intitulé de l'éditorial qui accompagne la manchette de l'Info7. De son coté, le Soleil indique que la majorité impose la loi d'amnistie lors du vote de la proposition de loi d'amnistie à l'assemblée nationale, hier vendredi, en présence du ministre d'Etat, ministre de la justice, Serigne Diop. Revenant sur le déroulement de ce vote, le quotidien souligne un long vendredi d'aveux. Le portrait de Me Babacar Seye, illustre la première page de ce journal qui a aussi complété sa titraille par une kyrielle de sous titres portant en particulier sur des propos de Me Madické Niang, selon qui la famille Seye est à l'origine de la loi et ceux de Souleymane Ndiaye, criminologue cette loi rétablit la piste Wade. D'ailleurs, Me Madické Niang avoue avoir inspiré Ezzan, à la une de walfadjri. Ibrahima Isidore Ezzan n'a initié aucun texte. Il n'est pas à l'origine de la proposition de loi d'amnistie qui le rend ainsi célèbre. Derrière lui, à l'ombre, il y a eu Me Madické Niang, ministre dans le gouvernement, proche du président Wade dont il fut l'avocat et celui des assassins de Me Seye, note le commentateur du quotidien de sacré-cœur. Cet aveu sur son rôle dans cette loi controversée, Me Niang l'a fait hier, après le vote de la loi, précise le même quotidien. Usant d'un style très caustique, le point titre : rancœur, amertume, traumatisme, onde de choc nationale. les libéraux votent une prime à l'impunité, souligne le point en surtitre. Pour sa part, le Messager ouvre ses colonnes à Massamba Seck, fondateur de APJ/JEF JEL, qui revient sur les raisons de l'acharnement de Talla Sylla contre le président Wade. De l'avis de Massamba Seck, Talla voulait être ministre de la jeunesse, Wade a refusé. Scoop a été le seul quotidien a ne pas avoir ouvert sur le vote de la proposition de la loi d'amnistie de l'affaire Me babacar Seye, et a parlé plutôt de l'arrestation de fonctionnaires et escrocs à la suite du détournement d'un milliard au patrimoine bâti de l'Etat. OF