Youssou Ndour : Je trouve que j'ai une dette envers Wade pour tout ce qu'il a fait pour ma reconnaissance

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Dakar, 7 jan (APS) - Le chanteur Youssou Ndour a expliqué son rapprochement avec le président de la République Abdoulaye Wade par le fait qu'il a une dette envers ce dernier, soulignant que le chef de l'Etat nourrit une profonde affection à son égard. Wade a fait ce qu'il avait à faire me concernant et je l'en remercie vivement. Un adage de chez nous dit que ‘celui qui ne remercie pas son semblable ne remerciera pas Dieu non plus'. Je trouve que j'ai une dette envers lui pour tout ce qu'il a fait pour ma reconnaissance, a dit Youssou Ndour dans un entretien paru vendredi dans l'hebdomadaire Nouvel Horizon. Le président Wade nourrit à mon égard un e profonde affection et je le lui rends bien. C'est humain ! Il a un grand respect pour moi et pour ce que je fais et représente pour le Sénégal et l'Afrique, a poursuivi Ndour avant d'ajouter que le président Wade est un homme d'idées et d'action qui nourrit une grande ambition pour le Sénégal et nous partageons largement cette conception qu'il a de l'avenir de ce pays et du continent africain. Quand le chef de l'Etat est honoré ailleurs dans le monde, c'est pour moi tout le Sénégal qui est honoré et chaque citoyen doit pouvoir manifester sa fierté à sa manière. Donc, le problème de neutralité ne se pose pas à ce niveau, a encore indiqué le musicien ajoutant qu'il voudrait savoir quel est le citoyen qui refuserait l'honneur d'être invité par son président de la République pour fêter une action menée au service du pays. Il a dit de grands hommes de ce monde l'invitent souvent et il a toujours répondu présent. Je ne vois pas pourquoi je le refuserais à mon président, a-t-il relevé, estimant que Me Wade est un homme de tolérance et de paix et c'est cela qui a été consacré à travers les prix qui lui ont été décernés se rapportant à la promotion des droits de l'homme. Moi, je me suis battu dans ma carrière pour marquer les événements, il faut inscrire tout cela dans cette volonté. Youssou Ndour fait ainsi référence à sa prestation lors de la remise du prix de la Ligue internationale au président de la République à New York. Au cours de la soirée, Youssou Ndour a interprété une chanson en l'honneur du chef de l'Etat. Youssou Ndour a affirmé que n'est militant d'aucun parti et j'ai toujours composé avec les institutions de ce pays. Mais le président Wade est allé plus loin avec moi que les autres. J'en ai fait autant pour être digne de cette confiance et de cette affection sincères. Je répète et j'ai toujours tenu à marquer les événements au Sénégal. Je vous rappelle que j'ai fait l'inauguration de la place Nelson Mandela. Je rappelle aussi qu'en 1997, j'avais invité le président Diouf lors d'un de mes concerts devant 100.000 jeunes et cela s'était bien passé, a-t-il encore dit. Il a toutefois ajouter que Wade a publiquement manifesté plus d'intérêt pour ce qu'il représente que Diouf lui-même. Youssou Ndour a rappelé que lorsque le président Wade est arrivé en France pour la première fois en tant que président, il était l'invité d'une émission sur la radio RTL. Il avait ainsi la possibilité deux invités sur le plateau et c'est Ousmane Sow et moi-même qu'il avait tenu à y convier, a dit Youssou Ndour. Le lead vocal du Super Etoile a précisé que ce geste était le premier acte, d'autant plus qu'on ne s'était même pas encore vu depuis son élection. Lors de cette émission, Wade a dit des choses extraordinaires me concernant. Ensuite, quand je suis rentré au Sénégal après la présidentielle de 2000 -- je suis parti en tournée internationale le 20 mars 2000 pour trois mois --, à l'occasion de ma première audience ave lui, il a tenu à ce qu'elle fut annoncée avant même de me recevoir. Ce sont là des signes clairs. Tout le monde n'a pas cet honneur, souvent réservé aux hôtes de marque. Youssou Ndour a dit qu'il se demande s'il y a un code qui s'oppose à l'engagement politique d'un artiste. Un artiste n'est-il pas un citoyen comme les autres qui a le droit à l'expression de ses, de ses sentiments et de sa vision du monde ? s'est interrogé le musicien ajoutant qu'il refuse de se cantonner dans un ghetto. Je suis un homme libre ! Personne n'aime plus que moi ce pays, a-t-il poursuivi. Je ne suis pas du genre à porter des habits d'hypocrite. Je me suis prononcé sur la marche du pays, au moment venu je le ferais sans état d'âme. ADC