Le retrait du billet de 500 francs perturbe le commerce à Ziguinchor

Economie

Ziguinchor, 4 jan (APS) - La fin de l'opération de démonétisation et, en particulier, le retrait de l'ancien billet de 500 FCA a rendu, depuis quelques jours, plus difficiles certaines activités économiques à Ziguinchor, notamment le petit commerce, a constaté l'APS. Dans une échoppe située au quartier de Santhiaba, le maître des lieux, Abdoulaye a, presque de façon radicale, changé son attitude. Désormais, le client n'est plus reçu comme il avait l'habitude de l'être. Avant tout achat, il lui est d'abord demandé s'il dispose de suffisamment de pièces de monnaie nécessaires à l'opération. A quelques mètres plus loin, le fait d'avoir suffisamment de l'argent ne suffit plus également pour se faire une belle coiffure. Excédé par tous ces clients qui lui filent des billets de 1000 ou de 2000 francs, le propriétaire d'un salon de coiffure n'hésite plus à s'assurer qu'il n'aura pas à parcourir les boutiques et autres services à la recherche de la monnaie. Désormais, il demande, le plus simplement du monde, à tout client qui arrive s'il a juste ce qu'il faut pour sefaire une belle tête. Ces exemples ne sont pas des cas isolés. Certes, on est encore loin d'une paralysie. Mais, commerçants et populations sont confrontés, de façon quasi quotidienne, au problème lié à la pénurie de pièces de monnaies. Tous imputent cette situation à l'opération de démonétisation des billets de la gamme 1992 du francs CFA, et plus particulièrement au retrait du billet de 500 francs. Selon certains commerçants, la nouvelle pièce de 500 francs, qui a remplacé l'ancien billet n'est pas encore disponible en quantité suffisante. D'où, les opérations commerciales sont devenues plus compliquées, surtout dans le petit commerce. Mais si le problème est durement ressenti par les commerçants, il reste qu'ils ne sont les seuls concernés. Télécentres, salons de coiffure, vendeurs de journaux et autres services sont aussi fortement affectés. Aussi, n'est-il pas rare de voir commerçants et gérants de télécentres renvoyer, malgré eux, des clients faute de pièces de monnaie suffisantes. Astucieux, certains vendeurs ont trouvé la parade: laisser le client repartir avec son argent, le temps pour lui de trouver la somme exacte pour le paiement de la marchandise désirée. Mais il peut arriver aussi que le commerçant choisisse de garder l'argent en attendant d'avoir de la monnaie. ASG/CTN