La crise casamançaise est à l'origine de la baisse du nombre de campements villageois, selon Christian Saglio

Economie

Ziguinchor, 19 nov (APS) - Le directeur du centre culturel et linguistique de Dakar, Christian Saglio, a expliqué, vendredi à Ziguinchor, la baisse du nombre de campements villageois en Casamance par la crise que traverse cette région avec la rebéllion du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Le nombre d'hôtels villageois qui avaient été construits dans le cadre de la promotion du tourisme rural intégré est passé de quinze à cinq unités, selon des informations fournies par certains responsables du tourisme à Ziguinchor. Dans un entretien accordé à la presse, en marge de l'atelier de réflexion et d'appui à la renaissance de la Casamance (17-19 novembre), M. Saglio qui est considéré comme le père du tourisme rural intégré au Sénégal a attribué cette chute aux troubles politiques auxquels la région fait face depuis le début des années 80. Ces hôtels villageois peuvent rapporter cinq à dix fois plus que l'investissement de la première année d'exercice. Mais certaines de ces infrastructures sont tombées en déshérence du fait des problèmes que connaît la Casamance, a-t-il expliqué. Cette évolution traduit cependant la viabilité de ce type d'infrastructures, a dit M. Saglio. Selon lui, ce qui serait surprenant, c'est qu'il ne reste plus aujourd'hui aucun campement. En effet, explique-t-il, le tourisme intégré a été un grand succès dans cette partie du Sénégal. La preuve en est qu'il continue de rencontrer des personnes à Tokyo, New York ou Paris, qui disent qu'elles ont déjà séjourné dans des camapements villageois de la Casamance. D'ailleurs, de grands noms du cinéma français comme Isabelle Adjani ou Catherine Deneuve ont à eu séjourner dans ces campements, a encore révélé M. Saglio. Non seulement ce type de tourisme a été un succès phénomènal auprès des voyageurs et des agences de voyage, mais il était en plus le tourisme le plus rentable au monde. Aucun hôtel n'est aussi rentable que les campements villageois. L'investissement est très faible et la rentabilité très forte, insiste-t-il. L'engouement suscité par le tourisme rural intégré est aussi une réalité chez les Sénégalais, car ce type de tourisme a permis à certaines personnes originaires du Nord du pays de découvrir des valeurs qu'elles ne connaissaient pas. Une situation rendue surtout possible par la faiblesse des tarifs qui étaient pratiqués à l'époque où les premirers projets de campements villageois avaient vu le jour. Selon M. Saglio, le tourisme rural intégré qui a commencé en Casamance, il y a plusieurs dizaines d'années, permettait au Sénégal de développer un tourisme national. L'un des grands problèmes du Sénégal, c'est qu'il n'y a pas tellement de tourisme national. Les gens, quand ils se déplacent, vont dans les familles. Le balnéaire intéresse assez peu les Sénégalais. Par contre, le tourisme de découverte, le tourisme intégré intéresse énormément les Sénégalais, explique-t-il. M. Saglio est le concepteur du projet de tourisme intégré au Sénégal, à la demande de l'Agence de coopération française. L'objectif poursuivi était de développer un tourisme culturel, de rencontre et de découverte, aexpliqué M. Saglio qui aprés quitté le Sénégal, il y a vingt-cinq ans, y est revenuy pour diriger le Centre culturel et linguistique de Dakar. Aujourd'hui, il se dit heureux de savoir que d'autres campements villageois pourraient bientôt voir le jour grâce au retour de la paix dans la région. ASG/CTN