L'affaire des faux billets de CFA est partie de la France, selon le Figaro

Economie

Dakar, 6 oct (APS) - La découverte, récente, d'un vaste réseau de contrefaçon et de tentative de blanchiment d'argent qui a poussé la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) à lancer une vaste opération de démonétisation du franc CFA, serait parti de la France. Les faussaires - un réseau sans précédent- proposaient aux habitants de Foyers Sonacotra (France) ou longent de nombreux émigrés africains et maghrébins, de convertir leur pécule en grosses coupures de faux billets de 10 000 francs CFA, révèle le Figaro dans son cahier économique n°2 paru le 28 septembre dernier. Pour éviter les commissions de change, les faux-monnayeurs ont échangé le vrai argent des émigrés installés en France en faux billets, avant de les acheminer vers l'Afrique. Ce qui a fait éclater au grand jour l'organisation criminelle, ajoute le journal. Depuis, la BCEAO a réussi à identifier les faux-monnayeurs qui sont basés à l'étranger, mais, malheureusement, le cerveau de l'affaire court toujours parce que très bien protégé là où il est, souligne le supplément économique du Figaro. Après le démantèlement de la filière qui part d'Afrique pour remonter jusqu'en Europe, en passant par la Turquie et le Liban, tous les anciens billets de 10.000, 5.000, 2.500, 1.000 et 500 francs, de type 1992, vont être retirés de la circulation d'ici la fin de l'année, soit 600 millions de coupures d'une valeur de 850 milliards de francs CFA. Quinze jours après le lancement de la démonétisation, plus de 296 milliards de francs CFA ont été récupérés. Malgré tout, un vent de panique souffle sur les commerçants de la zone concernée (Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo). De plus, des centaines d'africains qui, en toute bonne foi, ont voulu changer leurs billets, se sont fait refouler au motif qu'ils étaient faux. Par ailleurs, le but de l'opération de démonétisation consiste également à priver la rébellion ivoirienne de son trésor de guerre, après les quatre casses survenues dans les succursales de Korhogo et de Bouaké où 100 millions de francs CFA ont disparu. BS/BK/IN