Callisto Madavo : Les récents chiffres sur l'économie africaine donnent lieu d'espérer

Economie

Dakar, 4 oct (APS) - Les récents chiffres concernant l'évolution de l'économie africaine donnent lieu d'espérer même si l'emploi est une question urgente en Afrique, a estimé le Vice-président de la région Afrique de la Banque mondiale, Callisto Madavo. Cela dit, malgré les difficultés économiques du contient africain, les chiffres récents donnent lieu d'espérer, s'est félicité M. Madavo dans une contribution consacrée à la situation économique de l'Afrique, reçue lundi à l'APS. Depuis le milieu des années 90, une quinzaine de pays connaissent une croissance moyenne de plus de 5 pour cent par an. Dans de nombreux pays, les exportations ont augmenté de plus de 8 par an, et l'investissement étranger direct est en hausse, note le texte. Selon Madavo les entreprises africaines revendiquent leur place sur la scène internationale. Les fleurs de l'Afrique de l'Est sont vendues à Londres, les tomates sénégalaises envoyées en France et, aux États-Unis, ce sont des informaticiens ghanéens qui saisissent les données relatives aux soins de santé. Ces réalisations sont le fruit de progrès incontestables, a-t-il souligné, rappelant que depuis les années 90, la plupart des pays africains sont parvenus à une stabilité macroéconomique, maîtrisant l'inflation et rétablissant une balance des paiements viable. De même, a-t-il poursuivi, le fardeau de la dette de nombreux pays s'est allégé, le total de la dette extérieure pour la région baissant de 30 pour cent et le service de la dette, de 60 pour cent. Des réformes structurelles considérables se sont déroulées dans la plupart des pays, libérant les marchés et augmentant les relations en Afrique et au niveau international. Peut-être plus important encore, une nouvelle génération de responsables politiques africains ont décidé de prendre la responsabilité pour trouver des solutions de développement, leurs partenaires mobilisant l'aide requise pour des stratégies conçues localement, s'est encore félicité Callisto Madavo. Cependant, les Africains ont besoin de trouver des emplois. Par milliers, dans les villes, à la campagne, dans les petites entreprises, dans les sociétés multinationales, dans les industries d'exportation, dans les services, a-t-il ajouté. Pour lui, c'est grâce à ces emplois que nous pourrons augmenter les revenus, faire reculer la pauvreté et créer la base d'imposition requise pour financer le travail colossal à réaliser pour combattre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose. Entre 1981 et 2001, le nombre de personnes en Afrique subsaharienne vivant avec 1 dollar par jour a pratiquement doublé, passant de 164 millions à 314 millions. Au cours de ces deux décennies, dans la même région, le PIB par habitant a chuté de 13 pour cent, et pour les plus pauvres, le revenu moyen a baissé un peu plus, rappelle Madavo. Il a expliqué que cette baisse de la croissance s'est traduite par moins d'emplois, une réduction des salaires et moins d'opportunités pour les jeunes, qui constituent actuellement 41 pour cent de l'ensemble des chômeurs en Afrique subsaharienne. Il n'est (donc) pas anodin que les leaders africains reconnaissent que l'emploi est une question urgente. De surcroît, ils sont prêts à prendre des mesures concrètes pour trouver des emplois et augmenter les salaires, a-t-il poursuivi. En Septembre, lors d'un sommet extraordinaire de l'Union africaine à Ouagadougou, les chefs d'État africains se sont engagés à créer des emplois pour combattre la pauvreté rapidement et de manière durable. Cependant, les stratégies africaines performantes n'auront davantage d'impact que si les pays industrialisés et les organisations internationales jouent leur rôle en respectant les promesses faites au Sommet de Monterrey (Mexique) il y a deux ans d'augmenter l'aide au développement des pays appliquant de bonnes politiques et dotés de meilleures institutions. Les pays développés doivent par ailleurs, selon lui, réduire de manière considérable les subventions à l'agriculture des pays du Nord et arrêter de pénaliser les Africains en leur appliquant des tarifs élevés quand ils transforment des produits de base ou ajoutent de toute autre manière de la valeur ajoutée à leurs exportations. BK/OF