Le vice président de la région Afrique de la banque mondiale trace les vecteurs du développement du continent

Economie

Dakar, 4 oct (APS) - Le vice-président de la région Afrique de la Banque mondiale, Callisto Madavo, a préconisé, comme vecteurs du développement de l'Afrique, l'investissement dans les infrastructures, l'amélioration du climat d'investissement et l'accélération de l'intégration régionale africaine. Premièrement, l'Afrique doit investir dans le domaine des infrastructures. Avoir accès à des routes et à l'électricité est rentable à plusieurs niveaux, a estimé M. Madavo dans une contribution reçue lundi à l'APS dans laquelle il se prononc sur la situation économique actuelle de l'Afrique. Les programmes de développement de proximité qui ont permis aux villages d'améliorer leurs conditions de vie grâce à de meilleures routes et un meilleur approvisionnement en eau le prouvent bien. Les entreprises tirent un grand profit d'une meilleure fourniture en énergie et en électricité, a-t-il expliqué. Citant l'exemple du Nigéria, il a dit que 97 pour cent des entreprises interrogées dans ce pays ont indiqué que les problèmes d'infrastructures étaient parmi les trois plus grands obstacles à la bonne marche des affaires. Si le Nigéria ramenait ses dépenses d'énergie au niveau de celles du Maroc, les entreprises nigérianes économiseraient l'équivalent de 16 pour cent des coûts de main d'œuvre, qui pourraient être réinvestis dans la création de nouveaux emplois ou l'augmentation des salaires, a-t-il ajouté. Pour lui, les leaders africains doivent également améliorer le climat d'investissement de leurs pays, précisant : Parmi les dix pays dans le monde dont le cadre de création d'entreprises est jugé difficile, sept se trouvent en Afrique. Selon Madavo, il faut 153 jours pour créer une entreprise à Maputo et 2 à Toronto. En France, un entrepreneur paye 368 dollars de taxes pour créer une affaire, au Niger, il faut 1 025 dollars. En Zambie, une entreprise comptant huit filiales a dû acquérir quelque 300 licences pour ses activités commerciales. Par ailleurs, il est temps d'accélérer l'intégration régionale, souligne Madavo qui ajoute : Les petites économies africaines, qui reposent sur un marché étroit, peuvent tirer profit d'une plus grande collaboration entre elles, abaissant les tarifs, mettant en commun les projets d'infrastructures et harmonisant la réglementation. Il a, de ce point de vue, déploré le fait que le commerce intra-africain ne représente que 10 pour cent de l'ensemble du commerce régional, contre 60 pour cent s'agissant, par exemple, du commerce entre les membres de l'Union européenne. Une véritable intégration régionale permettra au continent de renforcer sa position dans l'économie mondiale, dans l'espoir d'inverser la tendance à la baisse que connaît l'Afrique, dont la part dans le commerce mondial est tombée de 3,5 pour cent en 1970 à environ 1,5 pour cent à la fin des années 90, soit une perte de revenus d'environ 68 milliards par an, a-t-il encore dit. Cependant, chaque pays doit étudier de près ses propres possibilités et limites, poursuit Madavo qui écrit : Le succès repose sur une approche intégrée et la collaboration entre le secteur privé et le gouvernement pour la recherche de solutions. Les stratégies doivent être plurisectorielles. Il n'est pas logique de libérer les prix à l'agriculture et de laisser se dégrader les routes que les paysans empruntent pour acheminer leurs produits au marché. De même, il est inutile de doter les travailleurs de nouvelles qualifications leur permettant d'être compétitifs, si le cadre réglementaire chasse les investisseurs ailleurs, estime Callisto Madavo. BK/OF