Le mot d'ordre de l'UNACOIS/DEF peu suivi à Sandaga

Economie

Dakar, 29 sept (APS) - Le mot d'ordre de grève lancé, mercredi, par une partie de l'Union nationale des commerçants et industriels du Sénégal/DEF (UNACOIS/DEF) a été peu suivi au marché Sandaga, cœur commercial du centre-ville de Dakar, a constaté l'APS. Un tour effectué mercredi en fin de matinée sur les avenues Lamine Guèye, Georges Pompidou, Emile Badiane et certaines rues, permet de voir qu'à côté des quelques propriétaires de cantines et échoppes qui ont baissé leurs rideaux, d'autres commerçants ont fait comme si de rien n'était, en ouvrant leurs boutiques. Le marché et ses environs n'ont pas changé de visage. La plupart des commerçants ont décidé de travailler normalement, restant sourd aux appels de l'UNACOIS de fermer boutique pour protester contre la décision des autorités de ne pas autoriser leur marche programmée ce mercredi dans l'aprés-midi. A Moussa Diop, qui a décidé de respecter le mot d'ordre parce que (nous sommes) des commerçants disciplinés, Ngagne répond : tout le monde devait fermer par solidarité. Il est anormal que le gouvernement n'écoute pas les commerçants pour essayer de trouver une solution. Je n'ai pas intérêt à fermer boutique parce que je ne connais pas les réels motifs de la grève, explique M.F. Si on engage des négociations avec le gouvernement, on doit attendre. Et puis, on peut bien continuer de travailler tout en négociant. Nous ne nous sentons pas concernés parce que nous ne sommes pas affiliés à l'UNACOIS. Cette structure défend des intérêts qui ne sont pas les nôtres, lance un commerçant ambulant qui ajoute, sur un ton sérieux : si j'arrête de travailler, je peux avoir des problèmes pour nourrir ma famille. Abondant dans le même sens, Ibrahima Diop, vendeur de téléphones portables, estime que les membres de l'Unacois sont là pour défendre ses intérêts. Je suis sérieux et je n'ai pas envie de me mêler de choses dont je ne suis pas convaincu de la pertinence, dit-il sous le regard approbateur d'un client venu chercher des accessoires de téléphones. Nous perdons de l'argent à cause de cette journée de grève, mais c'est l'ultime décision, nous n'avons pas le choix. Nous devons régler ça avec le gouvernement, nous voulons que les Chinois partent ! , explique Assane Ndiaye, dénonçant la concurrence déloyale des commerçants chinois. Le gérant d'une célébre boutique d'articles sportifs, prévenu mercredi matin, estime que ça risque de créer un manque à gagner pour lui. Les temps sont durs, poursuit-t-il, ajoutant : je ferme mais je ne suis pas d'accord. Il y des risques de vandalisme, donc il vaut mieux ne pas prendre de risque. Hassan Jaffar, propriétaire d'une boutique de prêt-à-porter enfant, sur l'avenue Georges Pompidou, a baissé les rideaux non pas pour soutenir les grévistes mais par peur d'actes de vandalisme. M. Jaffar explique que les mêmes grossistes, qui ferment boutique aujourd'hui, ont simplement peur de perdre le monopole dans le secteur informel avec l'arrivée des Chinois. ADC/GS/OF