L'implication des artisans pêcheurs dans la gestion des ressources halieutiques est incontournable(chercheur) +++Envoyée spéciale : Ndèye Ndella Diouf+++

Economie

Nianing, 24 sept (APS) - L'implication des artisans pêcheurs dans les décisions, l'aménagement et la gestion des ressources côtières est incontournable pour assurer la durabilité de la ressource et des exploitation, a déclaré Djibi Thiam, chercheur au Centre de recherche océanographique de Dakar/Thiaroye (CRODT). La gestion des ressources halieutiques implique l'ensemble des composantes du secteur pêche et l'approche Bottom-Up ou approche participative est la seule qui puisse être testé, a dit M Thiam. IL s'exprimait au cours d'un voyage de presse sur Nianing (département de Mbour) et Yenne (département de Rufisque) pour le projet test du programme 'Evaluation et gestion des ressources halieutiques du Sénégal'. Selon Djibi Thiam, le secteur de la pêche est très complexe, plus particulièrement au Sénégal où c'est la pêche artisanale qui est la composante la plus importante en termes d'emploi et de quantités débarquées. Elle est considérée comme une composante sociale. Dans le contexte de surexploitation des ressources halieutiques du Sénégal, la priorité était de restaurer la ressource et les habitats marins dégradés, a ajouté le chercheur. Saluant l'initiative des pêcheurs de Nianing, qui ont décidé d'observer un repos biologique même si les pêcheurs des autres villages vont continuer de pêcher, Djibi Thiam reconnaît que ce n'est pas une action ponctuelle qui va trouver les solutions de tous les problèmes des ressources du Sénégal. On devra s'attendre à ce que les autres communautés de pêche côtière puissent s'inspirer de l'exemple des pêcheurs de Nianing qui ont pris conscience qu'il leur faut participer. Ils ne doivent plus attendre qu'on leur définisse des périodes de repos biologique, a encore dit M Thiam. Pour cela, les pêcheurs peuvent demander l'appui de la recherche, de l'administration des pêches et des autorités pour dire que nous appliquons cette période là comme période de repos biologique, a-t-il précisé. Que cette décision puisse faire tâche d'huile dans les autres villages jusqu'à ce que les pêcheurs artisanaux du Sénégal puissent accepter de contribuer à la protection et la préservation des ressources pour instaurer sans ce qu'on leur impose un repos biologique, a souhaité Djibi Thiam. Se prononçant sur le repos biologique observé par les pêcheurs de Nianing, Djibi Thiam a indiqué : qui dit repos biologique dit protection de la ressource pendant sa phase de reproduction ou de croissance, donc préservation de la ressource. Quant à l'immersion de récif artificiel (constitué de béton et de pierre) par les pêcheurs locaux de Yenne, M Thiam dira qu'elle vise la reconstruction de l'habitat marin dur, dégradé. Cet habitat marin en face de Yenne héberge les espèces nobles comme les gros mérous, les grosses torades, les diarègnes, les thiofs, a ajouté Djibi Thiam qui a attiré l'attention sur le fait qu'il peut être positif mais parfois aussi négatif si des mesures d'accompagnement ne pas mise en place dès l'immersion des blocs. Selon M Thiam, certains pêcheurs pensent que cette immersion est suffisante pour créer de la biomasse alors que son rôle est de concentrer les poissons éparpillés un peu partout dans la mer. L'erreur à ne pas commettre est d'augmenter l'effort de pêche en pensant que c'est du poisson qui a migré et qui revient. Là c'est aggraver l'état de surexploitation, a conclu Djibi Thiam. Ainsi, des mesures doivent être prise pour interdire toute pêche autour du récif artificiel de façon à ce qu'il traverse l'ensemble des phases de marinisation pour que le poisson puisse y être sédentaire et s'y reproduire. NND/ADC