Des projets-tests à Nianing et Yenne pour conscientiser les pêcheurs +++ Envoyée spéciale: Ndèye Ndella Diouf +++

Economie

Yenne, 23 sept (APS) - Les deux projets-tests de Nianing (département de Mbour) et de Yenne (département de Rufisque) visent la prise de conscience des pêcheurs, de leur rôle et de leur responsabilité dans la gestion des ressources halieutiques, a déclaré, jeudi, le représentant du directeur de la pêche maritime. Selon le docteur Moussa Diop qui dirigeait un voyage de presse dans ces deux localités, les initiatives en cours vont permettre de créer une nouvelle pêcherie dont l'accès sera régulé par les pêcheurs eux-mêmes. L'Etat va intervenir en créant un cadre juridique pour reconnaître ces initiatives à la base, a déclaré Moussa Diop. A Nianing, depuis le 15 septembre dernier, les pêcheurs locaux ont décidé d'observer un repos biologique sur le poulpe suite à un arrêté sous-préfectoral. Cette décision, nous apparaît comme une solution durable pour asseoir une pêche responsable pour tous nos collègues pêcheurs, a dit Raphaël Ndour, le présidnt du Comité de gestion de Nianing. Selon M. Ndour, la gestion de la ressource doit nécessairement être accompagnée de mesures compensatoires pour maintenir et améliorer les revenus du pêcheur. Ces mesures d'accompagnement se résument durant la période de repos biologique du poulpe, à la pêche du cymbium appelé communément yeet, signale-t-on. Jadis, le village connaissait beaucoup de problèmes pour l'écoulement de ce produit, a rappelé le président du Comité de gestion de Nianing qui a souligné qu'en partenariat avec une société de traitement spécialisée dans l'exportation en frais du yeet, le programme a financé la construction d'un mini-air de débarquement sur la plage du village. A Yenne, par contre, l'initiative a porté sur la mise en place, la préparation et l'immersion de récifs artificiels par les pêcheurs locaux. A partir de ce récif, les populations ont prévu une zone de 300 mètres interdite à la pêche qui sera sous surveillance. Ces deux projets-pilotes entrent dans le cadre du programme: Evaluation et gestion des ressources halieutiques du Sénégal, par la restauration de la ressource et des habitats. Il constitue une réponse à la requête du gouvernement du Sénégal pour l'élaboration d'un plan d'aménagement et de gestion des ressources halieutiques. Pour Watanuki Naohiko chargé de la gestion des ressources halieutiques au Sénégal, il existe beaucoup de villages de pêche de petite taille qui ne sont pas riches mais bien motivées et où la prise de conscience des pêcheurs est très élevée. Ce programme d'un montant de 484 millions de FCFA (100 millions de yens) va durer trois ans et quatre mois (juin 2003-septembre 2006). Le Japon a investi, sous forme de don, 50 milliards de FCFA de 1979 à 2004 dans le secteur de la pêche au Sénégal, rappelle-t-on. NND/AD/CTN