60 pour cent des migrants de l'Afrique Subsaharienne adeptes des transferts d'argent, selon une étude

Présidence de la République

Dakar, 22 oct (APS) - Quelque 60 pour cent des ressortissants de l'Afrique subsaharienne vivant en France sont adeptes des transferts financiers vers leurs pays d'origine, contre 41 pour cent s'agissant des personnes venant d'autres régions du monde, indique une étude française consacrée à l'intégration économique des migrants et la valorisation de leur épargne. Le rapport évalue à 5.200 milliards de francs CFA environ (8 milliards d'euros) les flux financiers générés annuellement par les transferts des travailleurs immigrés en France, soit 0,5 pour cent du PIB de la France. On estime ainsi que ces transferts représentent, sur longue période, 15 à 25 pour cent de leurs revenus, selon cette étude présentée par Charles Milhaud, président du directoire de la Caisse nationale d'épargne des caisses d'épargne. La fréquence et l'ampleur de ces envois de fonds expliquent donc, pour une part, la faiblesse du patrimoine des migrants en dépit de leur forte propension à l'épargne, fait-on remarquer de même source. Le taux de bancarisation des migrants est cependant considéré comme élevé, puisque, selon des études réalisées dans ce domaine et citées par le rapport, 96 pour cent des migrants possèdent un compte-chèques. Ce taux est très proche de la moyenne nationale qui est de 98 pour cent. Ainsi, sur 4,9 millions d'immigrés présents en France, 200. 000 seulement demeurent à l'écart du système bancaire, cette situation étant imputable à la précarité des revenus ou à l'arrivée récente des personnes concernées, lit-on dans cette étude. Malgré tout, les relations entre les migrants et leurs banques sont largement déterminées par les contraintes financières auxquelles font face les ménages de migrants. Près de 14 pour cent des migrants partagent l'opinion selon laquelle l'accès au crédit et aux services bancaires serait relativement fermé aux personnes les plus récemment installées sur le territoire national, révèle l'étude. Le rapport signale cependant que ce phénomène concerne surtout les catégories les plus fragiles sur le plan économique (revenus mensuels inférieurs à 1000 euros). BK/ADC