Une baisse supplémentaire sur le prix de la farine est nécessaire pour baisser le prix du pain de 25 francs (boulangers)

Economie

Dakar, 22 sept (APS) - Les patrons de boulangeries regroupés au sein de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES) et du Conseil national du patronat (CNP) ont indiqué, mercredi, lors d'un point de presse, qu'une baisse de 25 francs sur le prix du bain nécessite une diminution supplémentaire du prix de la farine. Se prononçant sur l'éventualité d'une baisse du prix de la baguette de pain, le président de la Fédération des patrons boulangers de la CNES, Mohamadou Lamine Gaye a affirmé qu'une telle éventualité est bel et bien dans l'ordre du possible. Toutefois, la baisse de 11 800 FCFA sur la tonne annoncée par le ministre du Commerce est loin de suffire pour que les boulangers puissent diminuer de 25 francs le prix du pain. Pour atteindre cet objectif, il faudra diminuer la tonne de farine de blé de 105 700 F CFA, a-t-il expliqué. Pour que le pain puisse être vendu à 125 F, il faudrait que la farine baisse encore de 105 700 francs. Si nous pouvons avoir une baisse de 105 700 francs sur la tonne, nous vendrons le pain à 125 francs, dès demain, a-t-il affirmé. Selon M. Gaye, il est même possible d'aller encore plus loin. On Peut même vendre (le pain) à 100 francs. Mais, en ce moment, il faudrait, en plus de la baisse de 11 800 francs, que la tonne de farine baisse encore de 223 207 francs, a-t-il souligné. En fait, soulignent les boulangers, la situation est plus complexe qu'on ne le croit souvent. A en croire le président de la Fédération des patrons boulangers, les prix du pain ont été bloqués à 150 francs depuis décembre 2003. A l'époque, la tonne de farine avait connu une hausse de 29 500 F. Mais, à la demande de l'Etat, cette marge n'avait pas été répercutée sur le prix de la baguette de pain. Alors que celle-ci devrait normalement coûter 168 francs, les boulangers continuent de la vendre à 150 francs. Une situation qui fait dire au patron de la fédération des boulangers que ces derniers courent derrière (un) gap. M. Gaye ajoute que les boulangers n'ont jamais discuté de la baisse du prix du pain avec le ministre du Commerce, soulignant que la rencontre qu'ils ont eue avec ce dernier, le 10 septembre dernier, n'était qu'une réunion d'information. Aujourd'hui, l'Etat est le seul maître du jeu capable de déterminer sur quel levier agir pour baisser le prix du pain, a estimé M. Gaye. Tout est possible. Maintenant, il reste à l'Etat de voir avec les meuniers- ceux qui importent le blé et le transforment- dans quelle mesure on peut avoir ces baisses-là ou agir sur d'autres leviers. (...) L'Etat peut aussi voir s'il peut enlever la TVA sur la farine ou subventionner le blé à l'entrée du pays, suggère-t-il. Mais les boulangers estiment que la marge de manœuvre semble toutefois étroite dans la mesure où la farine, qui représente 60 % du coût de production du pain, est le seul levier sur lequel on peut véritablement agir pour provoquer une diminution du prix de la baguette. ASG/IN