Le combat ayant porté Sankara au pouvoir est d'actualité, estime un chercheur

Présidence de la République

Dakar, 15 oct (APS) - L'enseignant-chercheur Boubacar Mbodji a estimé dimanche à Dakar que le combat qui a conduit Thomas Sankara et ses camarades à prendre le pouvoir au Burkina Faso en 1983 est toujours d'actualité. Si on revoit les objectifs que s'étaient fixés Thomas Sankara et ses camarade lors de leur prise du pouvoir en 1983, c'est-à-dire la libération nationale, le progrès social, la libération culturelle on voit en quoi ce combat-là est actuel, a indiqué M. Bodji. Le professeur Mbodji animait une conférence axée sur le thème l'œuvre de Sankara (Thomas) à l'épreuve des responsabilités de l'élite africaine, initiée par le Groupe de recherche, et d'initiative pour la libération de l'Afrique à l'occasion du 19-ème anniversaire de la disparition de Sankara. En faisant le panorama de la situation en Afrique, on peut constater qu'en peu de choses près globalement au plan économique aujourd'hui, nos économies sont encore très fragiles et sont pratiquement mises à terre, a dit le conférencier. Pour lui, la rencontre de dimanche est une occasion de délivrer un message non pas de nostalgie mais de voir en réalité que ce qui avait motivé Thomas Sankara et son groupe en 1983 au point qu'ils en arrivent à prendre le pouvoir et à essayer de réaliser un certain nombre d'objectifs pour la société Burkinabé. Puisque la situation économique de l'Afrique globalement n'a pas trop bougé, on peut conjoncturer que les objectifs politiques que s'étaient assignés Sankara et ses camarades sont actuels, a encore dit Boubacar Mbodj. Selon lui, les Africains n'arrivent pas à produire encore ce qu'ils mangent, ils n'arrivent pas à être autonomes au plan énergétique, au plan de leur couverture sanitaire. Globalement nous sommes dans une société de crises. Par rapport à cela, il fallait revenir au contexte Burkinabé de l'époque pour dire simplement que Thomas Sanakara disait que son pays était le concentré de toutes les détresses humaines, a estimé le chercheur. Sankara disait que le Burkina est un pays sahélien qui n'a pas accès à la mer, l'agriculture est vraiment ingrate, etc. Ils ont essayé de se battre et de réaliser un certain nombre de conquêtes sociales dans leur pays, a rappellé M. Mbodji. Les Africains, a-t-il ajouté, ont une base culturelle sur la quelle nous devons nous asseoir pour réaliser nos objectifs de développement et aller à la rencontre du monde. Ça c'est un message ancien, le problème c'est peut-être sa mise en oeuvre. Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat, le capitaine Thomas Sankara s'est illustré par la mise en œuvre d'une politique progressiste qui avait pour base l'affranchissement de la tutelle de la France pour sortir d'une misère asservissante. Il a initié une grande réforme agraire de redistribution des terres aux paysans, l'augmentation des prix et suppression des impôts agricoles, des mesures de libération de la femme (interdiction de l'excision, réglementation de la polygamie, participation à la vie politique, etc.). Thomas Sankara a aussi lancé des aides au logement (baisse des loyers, grandes constructions de logement pour tous), une lutte contre la corruption des dirigeants et encouragé la consommation des produits locaux. Il a été assassiné le 15 octobre 1987 lors d'un coup d'Etat à l'âge de 37 ans. SG/ADC