Un chercheur redoute une exploitation abusive des émigrés clandestins en Espagne

Présidence de la République

Dakar, 15 oct (APS) - L'Espagne risque d'exploiter la main-d'oeuvre de l'immigration illégale à son seul profit, sans se soucier de la couverture sociale et d'une bonne rémunération des travailleurs arrivés clandestinement sur son sol, selon un chercheur sénégalais. Ce qui risque d'arriver est que l'Espagne qui a ouvertement affirmé son besoin de travailleurs va s'ouvrir à cette main-d'œuvre et l'utiliser au maximum et au mieux de ses intérêts tout en ne s'assurant peut être pas tout ce qu'il faut derrière (salaire et sécurité sociale), a estimé Boubacar Mbodji, enseignant-chercheur à l'Université Cheikh Anta Diop. Le ministre espagnol des Affaires étrangères et de la Coopération, Miguel Angel Moratinos, avait récemment déclaré que l'Espagne a besoin de travailleurs, et que ce n'est pas un pays fermé, mais il faut passer par les filières légales. M. Martinos rencontrait à Dakar les patrons de presse sénégalais pour informer l'opinion publique sénégalaise sur les dangers de l'émigration clandestine vers les Iles Canaries. Le chercheur sénégalais animait une conférence axée sur le thème l'œuvre de Sankara (Thomas) à l'épreuve des responsabilités de l'élite africaine, initiée par le Groupe de recherche et d'initiative pour la libération de l'Afrique. La dernière déchirure que nous avons eue au niveau de notre société, c'est un peu l'émigration clandestine des jeunes qui s'apparente beaucoup à la saignée sous d'autres formes que l'Afrique a connue, a-t-il indiqué. M. Mbodji a invité les organisations de défense des droits de l'homme, la société civile et toute la société à se mobiliser pour un bon traitement de cette question. Il a, par ailleurs, souhaité que la question de l'émigration clandestine ne soit surtout pas traitée uniquement de façon mercantile. Cette question devrait pouvoir être liée à la question de la coopération globale entre les pays occidentaux et les pays africains, a-t-il signalé. Les Africains, a-t-il poursuivi, ont une base culturelle sur la quelle nous devons nous asseoir pour réaliser nos objectifs de développement et aller à la rencontre du monde. SG/SAB