Libération de cinq détenus cubains : un comité sénégalais engage une vaste bataille d'opinion

Présidence de la République

Dakar, 12 oct (APS) - Le Comité sénégalais pour la libération de cinq patriotes cubains emprisonnés au Etats-Unis a fait récemment part de sa volonté d'engager une vaste bataille d'opinion pour la libération desdits détenus accusés d'espionnage par les autorités américaines. Gerardo Hernandez, Antonio Guerrero, Ramon Labanino, René Gonzalez et Fernando Gonzalez avaient été arrêtés en 1998. Le Comité sénégalais figure parmi les 120 comités nationaux mis en place dans tous les continents, à travers une campagne internationale qui a également décrété un mois de solidarité (12 septembre-6 octobre) avec Cuba. L'objectif étant de parvenir à une mobilisation internationale de la taille de celle qui a permis, il y a quelques années, le retour d'Eliane Gonzalez, un jeune cubain qui avait été retenu contre son gré par une partie de sa famille résidant à Miami. La date du 6 octobre, retenue pour mettre fin à ce mois de solidarité engagé en collaboration avec les autorités cubaines, commémore en effet l'assassinat de l'ancien Premier ministre Chilien Orlando Le Tellier et rappelle également le sabotage d'un avion cubain, à l'issue duquel les 73 passagers de son vol ont péri, en plus de l'équipage de l'avion. Dans un entretien avec l'APS, le président du comité sénégalais pour la libération des détenus, Daouda Faye, a annoncé qu'une lettre a été envoyée au procureur général des Etats-Unis pour réclamer la libération des Cubains et l'Assemblée nationale du Sénégal a mis en place un comité d'amitié pour sensibiliser les autorités américaines dans cette perspective. Tout le monde est sensibilisé pour mener une bataille d'opinion' qui pourrait faire libérer les détenus cubains, a assuré M. Faye, contestant les accusations portées contre eux, en les présentant au contraire comme des éléments anti-terroristes. Ces jeunes, a-t-il expliqué, ne faisaient pas un travail d'espionnage lorsqu'ils ont été arrêtés en 1998 à Miami, ville située à 150 miles de Cuba et qui constitue le centre de la contre-révolution cubaine aux Etats-Unis. Selon lui, à partir de là-bas, il y avait des complots pour assassiner des dirigeants cubains et saboter l'économie de ce pays frontalier et porte-drapeau de la révolution marxiste. C'est à Miami (Floride) où résident également les plus grands animateurs de la contre-révolution cubaine qui véhiculent des idées pour déstabiliser le gouvernement cubain sans compter une population pleine d'hostilités à l'endroit du régime de Fidel Castro. Répondant aux accusations de la justice américaine, Daouda Faye a expliqué que les jeunes cubains ont été envoyés pour trouver des informations sur d'éventuelles tentatives de sabotage et d'attentats contre des dirigeants de la révolution cubaine et contre la révolution elle-même. Ce n'est pas une bataille qui est facile, a-t-il dit parlant de l'appel à la mobilisation qu'il a lancé avant d'ajouter que le retour d'Eliane non plus n'a pas été facile. Il faisait référence à la bataille autant judiciaire que d'opinion qui a marqué les tiraillements autour de ce jeune cubain. Mais la vérité est de notre côté et le camp de la démocratie s'élargit tous les jours davantage. Nous ne sommes pas seuls dans ce combat. Nous finirons par faire libérer les cinq comme nous avons fini par faire libérer le jeune Eliane, a-t-il dit. Amnesty international a ainsi dénoncé, comme une violation des droits de l'homme, le refus d'accorder des visas à des Cubains voulant rendre visite à leurs concitoyens détenus dans différents Etats américains (Californie, Texas, Wisconsin, Pennsylvanie, Colorado). Selon Daouda Faye, le Groupe de travail des Nations unies sur les détentions arbitraires a également sorti, en mai 2005, un avis dénonçant le fait que les détenus ont été arbitrairement privés de leur liberté et n'ont pas bénéficié d'un procès juste et équitable. La Cour d'appel du tribunal d'Atlanta (Georgie, sud) a toutefois estimé en août dernier que les cinq Cubains n'avaient pas bénéficié d'un jugement juste et impartial lors de leur procès tenu en 2001 à Miami, une ville de Floride (sud-est) où réside une forte communauté cubaine anti-castriste. Cuba avait admis à l'époque que les cinq étaient des agents cubains, affirmant qu'ils ne se livraient pas à des activités d'espionnage contre les Etats-Unis, mais contre les groupes anti-castristes que La Havane qualifiait de +terroristes+. BK/CTN