Me Wade : Il faut laisser la CEDEAO s'occuper de la question ivoirienne

Présidence de la République

Dakar, 28 sept (APS) - Le président Abdoulaye Wade a déclaré n'avoir pas apprécié les initiatives de son homologue sud-africain Thabo Mbeki dans ses tentatives de trouver une solution à la crise en Côte d'Ivoire, estimant qu'il doit laisser la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest s'occuper de la question. Je n'ai pas apprécié les initiatives de M. Mbeki, qui est quand même chef d'Etat comme moi (...), qui a provoqué mardi dernier une rencontre entre lui, les président ivoirien Laurent Gbagbo et burkinabé Blaise Compaoré, a dit le chef de l'Etat sénégalais dans un entretien diffusé jeudi sur Radio France internationale (RFI). Il faut comprendre M. Mbeki qui pense qu'il peut faire quelque chose. Il n'est pas allé en tant que président du Comité Paix et Sécurité (de l'Union africaine). C'est M. Thabo Mbeki, président de l'Afrique du Sud qui a des relations d'amitié avec Laurent (le président ivoirien). Cela étant, je pense que ça n'a pas été un succès parce qu'il y au moins deux des invités qui ne sont pas allés, le président (Mamadou) Tandja et le président Amadou Toumani Touré, a-il analysé. Le président Wade a ajouté : ça ne pouvait pas aboutir parce que tout simplement quand la CEDEAO est saisie, il faut laisser la CEDEAO s'occuper de la question. Et non pas aller créer des groupes et des sous-groupes informels qui ne peuvent qu'exprimer une bonne volonté d'une ou de plusieurs personnes mais qui n'ont aucune valeur de légitimité. Prié de dire s'il avait une solution à la crise qui secoue la Côte d'Ivoire depuis septembre 2002, Abdoulaye Wade a dit que s'il avait un schéma il y a longtemps qu'il l'aurait donné. La question est renvoyée à la CEDEAO, et la CEDAEO va se réunir incessamment. J'ai parlé au président (de la CEDEAO, le Nigérien Mamadou Tandja) il y a moins de 48 heures. C'est à cette occasion que chacun d'entre nous apportera ses idées pour qu'on trouve enfin une solution, a dit le chef de l'Etat. Un sommet des chef d'Etat de la CEDEAO (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest) consacré à la Côte d'Ivoire se tiendra le 7 octobre à Abuja, capitale nigériane. Selon Me Wade, il y a un problème de fond. C'est qu'il y a une classe politique en Côte d'Ivoire. Mais depuis quelques années, les membres de cette classe politique n'arrivent pas à mettre en place un gouvernement. Il faut qu'ils acceptent de se faire des concessions mutuelles. Il faut bien qu'ils acceptent de se laisser départager par un système électoral ou autre. A partir de ce moment-là, il y aura une solution. Estimant qu'il n'a pas de proposition à faire maintenant, il a rappelé qu'il en a déjà fait une qui n'a pas été accepté par les protagonistes ivoiriens. J'avais dit qu'il fallait une pause de trois à trois ans en Côte d'Ivoire, mettre les partis en veilleuse, faire diriger la Côte d'Ivoire par des technocrates. Au bout de trois ans, on dit aux hommes politiques : +nous espérons que vous avez réfléchi déjà sur les conséquences de votre attitude déraisonnable. Maintenant vous pouvez déposer les statuts de partis politiques. A ce moment, on arriverait à ce résultat que les hommes politiques créeraient de nouveaux partis qui iraient peut-être par delà les barrières qui existent aujourd'hui entre eux. Abdoulaye Wade a regretté qu'on n'ait pas adopté cette proposition faite au début de crise. Il a toutefois dit son espoir que la CEDEAO trouvera une solution. (...) je crois que nous sommes tous conscients qu'il faut trouver une solution. J'espère que nous la trouverons. Encadré par l'Organisation des Nations unies et l'Union africaine, le processus de paix en Côte d'Ivoire qui devait déboucher avant le 31 octobre sur des élections générales est dans l'impasse. Le pays est toujours coupé en deux depuis la tentative de coup d'Etat des Forces nouvelles (FN) en septembre 2002. ADC