Le refus de Khartoum d'une force d'imposition est à prendre en compte, selon Me Wade

Présidence de la République

Dakar, 14 sept (APS) - Le refus du Soudan d'accepter la présence d'une mission d'imposition de la paix des Nations unies sur son territoire est un élément extrêmement important à prendre en compte dans la recherche de la paix au Darfour, a déclaré le président Abdoulaye Wade, jeudi à Dakar. En attendant, il a annoncé qu'une réunion des chefs d'Etats africains se tiendra à New York, à partir du 18 septembre, pour réfléchir sur ce que l'Afrique doit faire face au blocage du processus de paix au Darfour. Face à la résurgence du conflit du Darfour, le Conseil de sécurité est favorable à l'envoi d'une force de maintien de la paix des Nations unies, en remplacement des troupes africaines que l'Union africaine n'a plus les moyens de maintenir. Il devait y avoir une réunion des ministres africains le 18 septembre à New York, nous allons transformer cette réunion en une réunion des chefs d'Etats pour réfléchir à la situation actuelle, qu'est ce que l'Afrique doit faire ?, a dit le président Wade s'adresant à la presse peu aprés reçu en audience le président soudanais Omar El Béchir. La décision d'une intervention des Nations unies a été prise par l'ensemble des pays africains y compris le Sénégal après appréciation de la situation et des informations qui nous ont été données par le conseil paix et sécurité de l'Union africaine, a-t-il rappelé. La position de l'Afrique en ce moment était que nous n'avons pas les moyens ni en troupes ni en argent pour régler le problème du Darfour et qu'il fallait faire appel au conseil de sécurité, a-t-il ajouté. Seulement, voilà, moi j'ai une proximité avec le Soudan qui m'a permis d'apprécier l'évolution de la situation. lorsque nous avions pris cette décision, on avait pensé que le Soudan accepterait et qu'il fallait simplement faire du maintien de la paix et éviter que les rebelles s'entredéchirent et/ou les rebelles et le gouvernement se fassent la guerre. Mais, a poursuivi le chef de l'Etat, aucun d'entre nous ne pouvait prévoir ce qui s'est passé par la suite, c'est-à-dire le refus du soudan d'accepter la présence des forces des NU. C'est un élément extrêmement important qu'il faut intégrer dans notre recherche de paix. Selon lui, le grand risque que nous encourons est la confrontation entre les NU, qui décideraient d'envoyer quand même des troupes au Soudan, et les troupes soudanaises parce que les NU et les Etats-Unis ont décidé de faire de +l'imposing peace+, ce qui suppose l'armement des troupes des Nations unies en matériel adéquat éventuellement pour imposer la paix. Quand on dit imposer la paix, c'est qu'on envisage le risque de guerre et de confrontation, alors devant une telle situation, moi, qu'est-ce que je dois faire, est-ce que je dois croiser les bras ? Il faut que je cherche les moyens de sortir de cette situation, a-t-il indiqué. Le président El Béchir m'avait demandé de l'aider à renforcer l'accord d'Abuja qui est refusé par deux leaders, nous sommes en train d'essayer de les localiser pour les inviter à Dakar pour les amener à dire pourquoi ils ne veulent pas de cet accord et trouver le moyen des les amener à cet accord général d'Abuja, a-t-il dit. Au moment où j'ai quitté le soudan quand je suis allé voir le président Béchir, la situation en était là, mais aujourd'hui il m'a appris qu'il y a la formation d'un front du salut et qu'ils ont occupé une partie du territoire du Darfour, donc la situation est extrêmement sérieuse, a renseigné le président Wade. Vous savez, en politique, chaque jour, il y a des éléments nouveaux et les éléments nouveaux, il faut les intégrer, a commenté le président de la République. BK/CTN