Abdou Diouf: le français ne doit pas être le mur qui nous séparerait du monde

Présidence de la République

Dakar, 10 sept (APS) - La langue française ne doit pas être le mur qui séparerait hermétiquement les Etats membres de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) du reste du monde, a estimé son secrétaire général, Abdou Diouf. Si la langue de Molière est le ciment naturel avec lequel nous construisons les piliers de notre communauté, elle ne doit pas en être le mur qui nous séparerait hermétiquement du monde, a-t-il dit, s'exprimant sur les enjeux européens du XIe sommet de l'OIF, prévu les 28 et 29 septembre prochain à Bucarest (Roumanie). Le secrétaire général de l'OIF faisait ainsi référence, dans un texte publié dans le numéro de septembre du Monde diplomatique, au fait que de nouvelles adhésions, de pays européens notamment, ont suscité un débat interne à l'organisation francophone. D'aucun considèrent que, parmi les nouveaux venus, certains ne sont pas suffisamment francophones du triple point de vue sociologique, culturel et linguistique, a ainsi rappelé Abdou Diouf. Mais même si la promotion de la langue française constitue un axe essentiel de son action, la Francophonie n'est pas un bastion linguistique replié sur elle-même, écrit M. Diouf, ancien président du Sénégal. L'OIF, a-t-il souligné, s'est résolument engagée dans la promotion de la diversité linguistique, dernier rempart face à un monde régi par une langue et une pensée uniques. Notre organisation a aussi développé, sommet après sommet, son volet diplomatique et politique, a-t-il indiqué. L'élargissement de l'organisation francophone vers les pays de l'est européen lui donne une configuration géopolitique différente, qui la distingue désormais de son modèle, le Commonwealth, qui n'accueille à cette époque que des Etats ayant jadis appartenu à l'Empire britannique, a-t-il analysé. Sur les 63 Etats et gouvernements membres de l'OIF, 29 pays sont africains, contre 21 appartenant au continent européen. Et de nouvelles candidatures européennes se font sans cesse jour, signale Abdou Diouf. BK/AD