Arrivée de maître Ousmane Ngom à Madrid pour un séjour de 24 heures +++ Envoyé spécial : Mamadou Koumé +++

Présidence de la République

Madrid, 8 sept (APS) - Le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, maître Ousmane Ngom, est arrivé vendredi en début d'après-midi à Madrid pour un séjour de 24 heures durant lequel il sera reçu notamment en audience par le premier ministre espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, avec qui il s'entretiendra de la gestion de l'émigration clandestine de plusieurs Sénégalais en direction de l'Espagne. Arrivé à bord d'un avion de l'armée espagnole, maître Ngom qui est accompagné de plusieurs fonctionnaires de son département a été accueilli par le Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Leon Gross Bernardino, et l'ambassadeur du Sénégal à Madrid, Abas Ndiour, a constaté l'envoyé spécial de l'Agence de presse sénégalaise. Entrepris à l'initiative du chef de l'Etat, maître Abdoulaye Wade, le déplacement de maître Ousmane Ngom lui permettra de s'entretenir, outre le Premier ministre espagnol, avec son homologue espagnol, Alfredo Perez Rubalcaba, en vue de trouver des solutions idoines au problème de l'émigration clandestine, a confié au reporter de l'APS le ministre sénégalais. Dakar et Madrid ont la même vision du problème de l'émigration clandestine et au-delà des mesures sécuritaires, l'Espagne prend en compte le drame humain qui est à la base du phénomène : le chômage, la pauvreté et le dénuement, a indiqué maître Ousmane Ngom qui s'entretiendra également avec le Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, Leon Gross Bernardino. Selon le ministre sénégalais, l'opinion publique espagnole est très regardante par rapport au phénomène de l'émigration clandestine qui crée un émoi au sein des populations, d'où Madrid a saisi Dakar pour une prise en charge commune du problème. Partant de là, il y a du côté du Sénégal, une volonté politique forte exprimée par le président Abdoulaye Wade dont l'option est d'avoir une émigration clandestine tolérance zéro, a indiqué le ministre selon qui le Sénégal est prêt à accueillir tous ses ressortissants partis irrégulièrement à la condition qu'ils soient rapatriés dans le respect de leur dignité et de leurs droits. Le Sénégal, a-t-il ajouté, est en train de prendre des mesures de surveillance de ses frontières et de ses côtes pour empêcher l'émigration clandestine, même si cette action a un impact limité du fait de la faiblesse des moyens et de l'étendue de nos côtes. C'est pourquoi, nous avons demandé à nos partenaires de participer à cette action. En réponse, les autorités de Madrid ont affirmé leur volonté de gérer le problème de manière concertée avec le Sénégal, d'où les experts des deux pays travaillent ensemble, a dit le ministre de l'Intérieur, soulignant que c'est dans ce cadre qu'un mémorandum a été signé au mois d'août dernier à Dakar un mémorandum donnant un cadre légal à notre gestion concertée de l'émigration et permettant à l'Espagne de s'appuyer sur un tel dispositif. Ainsi, il y a des équipes conjointes des deux pays qui travaillent sur terre et sur mer avec des navires, des avions et des hélicoptères, a fait remarquer maître Ousmane Ngom, selon qui, toutefois, il y a un certain retard, une lourdeur et une lenteur dans la mise en place du dispositif en question. Ces inconvénients sont pour beaucoup dans la recrudescence des départs pour l'Espagne des émigrés clandestins observée ces temps-ci, a indiqué le ministre. En plus de cela, il faut reconnaître qu'il existe, côté espagnol, un facteur limitant à la lutte contre l'émigration clandestine, a-t-il ajouté, relevant le fait que la législation espagnole prévoit que les clandestins qui arrivent sont accueillis dans des centres de rétention et au bout de 40 jours, s'ils ne sont pas identifiés, on leur délivre un papier attestant qu'ils sont irréguliers, mais ils sont tout de même laissés dans la nature. Cela constitue un encouragement à l'émigration, a estimé maître Ngom pour qui il est important que les Espagnols aillent vers une modification d'un tel procédé. En tous les cas, a-t-il souligné, la question de l'émigration clandestine ne peut être traitée que dans un cadre sous-régional car les passeurs et les clandestins délocalisent en Gambie, en Guinée-Bissau, en Mauritanie et au Cap-Vert. Ce qui nécessite une concertation sous-régionale. MK/CTN