Ousmane Ngom : l'émigration ou l'immigration clandestine est avant tout un drame humain

Présidence de la République

Dakar, 1-er sept (APS) - Le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, Ousmane Ngom, a souligné, jeudi à Paris, le caractère dramatique du phénomène de l'émigration ou de l'immigration selon les endroits d'où il est perçu. L'émigration ou l'immigration clandestine est avant tout un drame humain a souligné M Ngom lors de l'ouverture des négociations sur la gestion des flux migratoire entre le Sénégal et la France. Dans son discours, dont copie a été transmise à l'APS, il a dit que ces phénomènes sont les conséquences malheureusesdu désespoir et de la peur de l'avenir qui habitent la jeunesse la frange la plus vulnérable et malléable de la société. Pour lutter contre le phénomène de la migration clandestine, le ministre sénégalais a préconisé la recherche de solutions aux problèmes de la pauvreté et du sous-développement. Nous devrons surtout mettre l'accent sur l'éradication des causes du fléau c'est-à-dire la lutte contre la pauvreté et le sous développement par l'élaboration de projets alternatifs crédibles a-t-il indiqué relevant que le phénomène (de l'émigration) n'est pas une fatalité. Il a rappelé que le phénomène migratoire est devenu un paramètre incontournable des relations internationales dont le caractère complexe rend légitime la contestation des règles du jeu politique et économique, non pas du point de vue juridique, mais au plan éthique et humanitaire. Ousmane Ngom est en visite à Paris pour la poursuite des négociations sur l'immigration entamé en mai et ayant abouti a un avant projet envoyé en juillet par la France le 6 juillet au Sénégal. Après étude du document, le Sénégal a proposé et retourné à la partie française un contre-projet. Le but visé est d'aboutir à une approche concertée pour la gestion des flux migratoires entre la France et le Sénégal, a souligné me Ngom selon qui avec cette nouvelle approche, c'est la fin de l'unilatéralisme ou de l'approche unidimensionnelle sur le concept de l'immigration. En tous les cas, a-t-il ajouté, la concertation est de mise. Le ministre de l'Intérieur est à la tête d'une délégation qui comprend notamment l'ambassadeur du Sénégal à Paris Doudou Salla Diop, du secrétaire général du ministère de la Justice, Chimère Malick Diouf, de son collègue de l'Intérieur, Mamadou Diop, du directeur de cabinet du ministre d'Etat, ministre des Affaires Etrangères, Mankeur Ndiaye, du conseiller spécial du président de la République chargé des Sénégalais de l'Extérieur, Pape Saër Guèye, du conseiller technique au ministère des Affaires étrangères, Fodé Seck, et de plusieurs hauts fonctionnaires. Le président de la République Me Abdoulaye Wade a assuré, dans un entretien accordé jeudi à la BBC, que le Sénégal va trouver un accord avec la France si la France accepte de conclure avec (lui) le même type d'accord conclu avec l'Espagne. Le Sénégal et l'Espagne ont signé, le 24 août dernier, un mémorandum au terme duquel ils engagent à une gestion concertée de l'émigration, à travers notamment le renforcement du dispositif sécuritaire dans leurs territoriales. Ce mémorandum signé aujourd'hui est l'aboutissement d'une coopération déjà fructueuse. Nous avons dès le départ mesuré l'impact que cette émigration pouvait avoir pour les deux pays, a déclaré, lors de la signature de cette entente, le ministre sénégalais de l'Intérieur et des Collectivités locales. Au terme de l'accord signé, l'Espagne s'est engagée à mettre à la disposition du Sénégal un hélicoptère et deux vedettes de surveillance dans les prochains jours. Le Sénégal, lui, avait donné son accord de principe pour participer au plan européen Frontex qui prévoit déjà des patrouilles maritimes et aériennes au large de la Avec les moyens offerts par l'Espagne, l'Etat major mixte (gendarmerie, police, l'armée de l'air et la marine) va avoir une force de frappe suffisamment dissuasive pour mettre fin à ce fléau, avait expliqué Ousmane Ngom. Le président Abdoulaye Wade a exprimé son opposition à la politique de l'immigration choisie prônée par les autorités françaises. Telle qu'elle est envisagée par les autorités françaises, cette politique priverait les pays africains de leurs jeunes diplômés, selon le chef de l'Etat sénégalais. BHC/ADC