Troisième journée du Tirailleur : une cérémonie riche en couleurs

Présidence de la République

Dakar, 23 août (APS) - La journée du tirailleur a été célébrée mercredi à travers une cérémonie haut en couleurs qui a enregistré la participation de trois corps d'armée et d'anciens combattants d'origines africaine et française, a constaté l'APS. Vers 17 heures, la place du tirailleur sur le boulevard de la liberté était bouclée par un important dispositif de sécurité. L'armée nationale représentée par des détachements de la marine, de l'infanterie, de l'armée de l'air et de la gendarmerie a assuré l'animation de cette cérémonie riche en couleurs. Après le passage en revue des troupes par le capitaine de frégate Khalifa Diop, la manifestation qui rappelle la libération le 23 Août 1944 de la ville française de Toulon par les troupes coloniales. Le chef de l'Etat sénégalais Abdoulaye Wade a été représenté par le premier ministre Macky Sall. Des anciens combattants en provenance, entre autres, du Maroc, du Sénégal et de la France sont décorés par différentes autorités présentes. Il y a eu les discours du président de l'Office national des anciens combattants (ONAC) Alioune Camara, Hugues Dalleau, président de l'union des combattants de France (UNC) et du Premier ministre Macky Sall, qui ont tous mis l'accent sur le devoir de mémoire vis-à-vis des combattants tombés au champ d'honneur. Lors de cette cérémonie, la décristallisation des pensions des anciens combattants africains a refait surface. Dans son discours, M. Camara a salué le soutien que le président Abdoulaye Wade a apporté aux anciens combattants africains dans leur lutte pour une équité dans le traitement, par rapport à leurs homologues français. Interpellant le président français Jacques Chirac, le président de l'ONAC l'a invité à faire respecter la devise de la République française Liberté, Egalité Fraternité en accédant à leur demande de revalorisation de leurs pensions. Il n'a pas manqué de fustiger l'attitude de ces autorités françaises qui font croire à une égalité de traitement entre anciens combattants français et africains, faisant allusion à la différence du coût de la vie de part et d'autre de l'Atlantique. Hugues Dalleau, en sa qualité de président de l'Union des anciens combattants de la France et de représentant du président Chirac, a exprimé son soutien à ses camarades africains dans leur lutte. D'ailleurs, le 5 juillet dernier, il s'était à l'Elysée pour dénoncer le traitement discriminatoire dont souffrent ses camarades d'armes, a-t-il rappelé. Convaincu que l'honneur de la France est engagé dans ce dossier, il s'est érigé contre une certaine déformation de l'histoire voulant faire croire que des officiers français tiraient derrière le dos des soldats coloniaux parce qu'ils refusaient de lancer l'assaut. Qualifiant de tels propos de perfidies, il a expliqué qu'un tel cas de figure est rare d'autant plus qu'en cas d'assaut c'était à l'officier d'attaquer le premier et que d'habitude dans les régiments coloniaux le second était généralement un africain. Il ne pouvait donc pas tirer sur ses frères. De plus, a-t-il fait constater, les Français n'étaient pas mieux lotis que leurs homologues coloniaux face à la mort. La preuve : le nombre de morts côté français dépasse en terme de pourcentage, celui des tirailleurs. En effet, a-t-il expliqué, la répartition des pertes humaines par régiment donne 30 pour cent pour les Africains, contre 11 pourcent pour les Français. Macky Sall a, pour sa part, rendu hommage à ces autres anciens combattants tués à Thiaroye 1944 par l'armée coloniale française alors qu'ils réclamaient le paiement de leurs indemnités. Tirant le bilan des deux premières éditions, il a affirmé que l'idée d'une fondation des anciens combattants préconisée par Abdoulaye Wade est salutaire et permettra de prendre en compte les besoins de ces vaillants soldats. Concernant la question de la revalorisation des pensions des anciens combattants, il a assuré aux personnes concernées que le dossier est en bonne voie. Un défilé militaire a mis fin à cette Journée au grand bonheur des usagers de cette avenue qui pouvaient ainsi à nouveau l'emprunter, après plus de deux heures de blocus. AK/ADI/ADC