La faillite de Haïti serait-elle une punition née de la révolte des anciens esclaves?

Présidence de la République

Dakar, 17 août (APS) - Les Haïtiens, descendants de la première République noire indépendante devenue l'un des pays les plus pauvres du monde, ne paieraient-ils pas d'une certaine manière la révolte de leurs ancêtres à travers la déliquescence de leur Etat et de leur société? C'est l'interrogation que formule Joseph Ndiaye, conservateur de la Maison des esclaves de Gorée, dans son ouvrage intitulé: Il faut un jour à Gorée. L'esclavage racontée à nos enfants. On peut se demander si les Haïtiens du 21-ème siècle ne paient pas d'une certaine manière la révolte de leur ancêtre il y a deux cents ans, souligne notamment Joseph Ndiaye. Les puissances occidentales, a-t-il précisé, ne se sont jamais montrées très enclines à aider et soutenir un pouvoir noir arraché par la force aux nations esclavagistes. Le 14 août 1791, une rébellion d'esclaves qui revendiquaient leur liberté, triompha du pouvoir blanc français à Saint-Domingue, grâce à la puissante intelligence et à la grande vaillance de Toussaint Louverture. Victorieux de l'ordre des blancs' en dépit de l'appui apporté à la France par des troupes britanniques et espagnoles, Toussaint-Louvertue se déclara gouverneur général de Saint-Domingue qui deviendra par la suite Haïti. A Napoléon Bonaparte, devenu Premier consul, il adressa une lettre intitulée : Du premier des Noirs au premier des blancs. Et pourtant, estime M. Ndiaye, on ne pourra jamais mesurer à quel point la traite négrière a appauvri l'Afrique. Non seulement elle lui a volé ses fils, mais, en engageant certaines ethnies à capturer leurs propres frères africains pour les vendre aux blancs, elle a encouragé les peuples noirs à se dresser les uns contre les autres. Le commerce triangulaire a, d'aprés le conservateur, jeté pour longtemps le continent dans la misère, le sous-développement et les guerres tribales. BK/CTN