Transfert des rapatriés: comment la rapide et juste prise de décision s'est imposée à Sindiély Wade

Présidence de la République

Dakar, 9 août (APS) - Entre le marteau des bombardements imprévus et l'enclume de l'urgence humanitaire consistant à sauver des populations prisonnières des obus, Sindiély Wade qui a assuré la coordination du rapatriement de Sénégalais du Liban, a pu mesurer l'extrême difficulté à prendre tout de go la décision adéquate qui s'impose . Au total, 312 Sénégalais ont été rapatriés du Liban via Damas, la capitale syrienne, à travers trois convois aériens de 142, 84 et 86 personnes. Si vous prenez une décision qui n'engage que vous, c'est beaucoup plus facile que de prendre une décision qui engage d'autres personnes, a-t-elle notamment dit dans un entretien exclusif avec l'APS, quelques jours aprés son retour à Dakar. Pour sortir du guêpier de Beyrouth, le dilemme se posait en ces termes, selon Melle Wade : fallait-il prendre le chemin le plus court (70 km environ à parcourir en 2h et demie), mais le plus dangereux ou passer par la frontière de la Turquie. Cette dernière possibilité était beaucoup plus sécurisante, mais il fallait effectuer 12 h de route avec les temps d'attente, les queues à la douane, explique Sindiély. Pour le deuxième convoi, qui devait passer par la route la plus courte mais malheureusement la plus dangereuse, l'équipe technique en charge des rapatriements, a vraiment eu beaucoup d'inquiétudes, a-t-elle ajouté. Au moment où le convoi prenait la route, il y a eu un bombardement devant le bus des rapatriés, rapporte-t-elle non sans faire état de autres bombardements de suite qui ont fini par rendre dangereux et impraticable le parcours. Alors là, si vous voulez, a-t-elle souligné, il y a quand même une très grosse responsabilité, puisque les autorités syriennes étaient prêtes à nous aider, en envoyant un bus qui entrerait de l'autre côté du poste frontière syrien. Les passagers du convoi devaient, pour leur part, traverser à pied un no man's land pour accéder au bus qui les attendait pour l'aéroport de Damas, d'où les rapatriés seraient convoyés pour Dakar. C'est, clame-t-elle, une grosse responsabilité. Imaginez que vous fassiez cela et que le bus se fasse bombarder. Alors tout le monde me demandait mon feu vert, j'ai dit : +je ne peux pas donner ce genre de feu vert+. Cette décision-là, je n'ai pas pu la prendre et je crois qu'on a bien fait puisqu à 2h et demie du matin, ils ont bombardé. Et c'aurait été peut-être suspect de voir un bus circuler, a indiqué Melle Wade. La décision la plus sage est celle qui a été prise, après coup, selon Sindiély Wade : les passagers du convoi ont dû dormir au poste frontière, jusqu'au lendemain matin, le temps que les choses se mettent en place. BK/CTN