Darfour: les Africains doivent prendre leurs responsabilités, selon Abdoulaye Wade

Présidence de la République

Dakar, 8 août (APS) - Le président de la République, Abdoulaye Wade, de retour mardi d'une visite officielle de quatre jours au Soudan, a soutenu que les Africains doivent prendre leurs responsabilités pour trouver une solution au conflit du Darfour. Je pense que la solution c'est que les Africains prennent leurs responsabilités et trouvent l'argent et les troupes pour le cas où on n'aurait pas ces troupes, faire appel aux troupes de l'Organisation de la conférence islamique, le Soudan encourt des sanctions, a-t-il déclaré à Dakar. Face à la presse, au Salon d'honneur de l'aéroport Léopold Sédar Senghor, le chef de l'Etat a expliqué que les besoins sont évalués à 450 millions de dollars et le nombre d'hommes de troupe à 14 000 alors que pour le moment il n'y a que 6117 hommes. L'Afrique doit pouvoir fournir les troupes et mobiliser 250 millions de dollars puisque les pays arabes ont promis de fournir 150 millions de dollars, a ajouté le président Wade. Pour lui, quatre à cinq pays peuvent contribuer pour 50 millions de dollars et faire en sorte que l'opération reste entre les mains de l'Union africaine. C'est un schéma qui peut être défendu, selon lui ajoutant qu'on ne peut vouloir une chose et son contraire. Si l'Afrique veut éteindre les foyers de guerre parce qu'elle pense que c'est déstabilisant pour le continent, c'est même une honte, il faut qu'elle fasse le sacrifice a-t-il martelé. Cependant, a souligné Me Wade, si les Africains ne donnent ni les troupes ni l'argent, les éléments de la force de l'Union africaine vont se trouver dans des difficultés telles qu'ils ne leur resteraient plus qu'à se retirer, abandonnant derrière eux le chaos. La force africaine vit beaucoup de difficultés en ce moment, a dit Me Wade. Les ressources sont insuffisantes et à partir de la fin du mois de septembre, il n'y aura plus d'argent parce que les Africains ne veulent pas ou n'ont pas voulu faire l'effort qu'il faut pour financer une décision qu'ils ont prise. C'est pourquoi, a-t-il poursuivi, le président Béchir propose une période transitoire en disant: essayons de voir ce que l'Afrique peut faire d'abord. J'ai été en contact permanent avec la France, les Etats-Unis, avec le secrétaire général des Nations Unies et chaque fois qu'il y avait des problèmes, on se concertait pour voir comment les choses pouvaient évoluer, a-t-il ajouté Les Etats-Unis ont ouvert beaucoup de perspectives avec le Soudan dans le cas où cette mission des nations Unies serait acceptée à savoir, contribuer à la levée des sanctions, aller beaucoup plus loin dans les relations entre les deux pays. Mais il faut dire, regrette le chef de l'Etat, que c'est un problème qui n'est pas simple, il est très sérieux et très grave. Au fur et à mesure que l'on constate l'évolution de la situation intérieure vers la normalisation, vers la paix, les problèmes semblent maintenant venir de l'extérieur. En fait, les Etats-Unis et le Conseil de sécurité de l'ONU souhaitent que la force africaine soit transformée en force des Nations unies, à la demande de l'Union africaine. Mais, a expliqué le président Wade, le Soudan et les Soudanais n'en veulent pas, menant une vaste campagne contre cela, à telle enseigne qu'aujourd'hui, essayer de les convaincre de recevoir ces troupes reste peine perdue. Certains menacent même de tirer sur les casques bleus si jamais ils mettent les pieds dans le Darfour et c'est une situation extrêmement grave, a-t-il encore dit. Pour Me Wade, le Soudan qui est un pays semi-arabe assimile les Nations Unies aux Etats-Unis. J'ai utilisé toutes sortes d'arguments pour essayer de convaincre le président El Bashir que les Nations Unies c'est pas l'Amérique, a noté le chef de l'Etat. Aujourd'hui, les Nations Unies pensent que si cette reconnaissance n'est pas faite, elles ne peuvent pas appliquer leur article 7 qui permet une assistance technique, militaire et financière. ADL/SAB