Le chef de l'Etat plaide pour le renforcement des moyens de la Mission de l'UA au Darfour +++Envoyé spécial : Aboubacar Demba Cissokho+++

Présidence de la République

Al Fasher, 6 août (APS) - Le chef de l'Etat Me Abdoulaye Wade a lancé dimanche un appel à la communauté africaine à renforcer les moyens de la Mission d'observation de l'Union africaine (UA) au Darfour, en affirmant que le plus difficile reste à faire après la signature d'un accord de paix au mois de mai dernier à Abuja (Nigeria). Je voudrais m'adresser à la communauté africaine. La Commission de l'UA a beaucoup fait. On ne peut que féliciter son président Alpha Oumar Konaré. Mais ne dormons sur nos lauriers. L'application d'un accord est souvent plus difficile que sa signature, a dit le président de la République qui a effectué une visite de quelques heures à l'état major de la Mission de l'UA à Al Fasher (1000 km à l'ouest de Khartoum). Nous devons rester vigilants. Nous devons renforcer la Mission de l'UA au Soudan. Les militaires que nous avons amenés ici n'ont pas les moyens en termes logistiques. L'Afrique peut régler ce problème. Il faut qu'on sorte de l'argent pour régler le problème du Darfour, a-t-il ajouté. Selon le chef de l'Etat, les dépenses de fonctionnement de la Mission sont estimées à 400 millions de dollars. Ce n'est pas une somme extraordinaire. Tout le monde doit contribuer. Ne mettons pas tout sur le dos des autres. Il faut que nous fassions les sacrifices nécessaires. Nous ne devons pas abandonner le Darfour, a plaidé Abdoulaye Wade. Il a rappelé qu'il est venu au Soudan en facilitateur, précisant qu'il n'a pas de fonction officielle. Je suis, comme on dit, un homme de bonne volonté. J'ai la citoyenneté africaine qui me donne le droit de parler partout des problèmes qui intéressent l'Afrique, a-t-il expliqué. Un total de 5454 soldats africains sont, en ce moment, déployés au Darfour sous la bannière de l'UA. Les policiers sont au nombre de 1425. Les besoins en soldats sont estimés à 10.500 hommes tandis que le nombre de policiers requis est de 2200, selon des chiffres fournis à l'état major. Pour le président sénégalais, les différentes parties en conflit et l'UA ont fait un grand pas avec la signature de l'accord d'Abuja. Nous avons déjà fait un grand pas, de grands efforts avec la signature de l'accord d'Abuja. Cet accord constitue un chef d'œuvre pour les juristes. Il est si bien fait que le spécialiste du droit que je suis a été émerveillé. L'accord souligne cette volonté de partage du pouvoir et des richesses, a-t-il poursuivi. Il a ajouté que le gouvernement soudanais a aussi fait des efforts, rappelant qu'il reste à amener au processus de paix deux autres mouvements rebelles non encore signataires du processus de paix en cours. Abdoulaye Wade a insisté sur le caractère régional du problème du Darfour. C'est un problème régional. Les observateurs avisés savent que si le problème n'est pas résolu, d'autres pays de la sous-région seront menacés. Le problème ne doit laisser aucun Africain indifférent, a estimé Me Wade. ADC/AD