Me Wade pour l'envoi d'un contingent de l'OCI au Darfour +++Envoyé spécial : Aboubacar Demba Cissokho+++

Présidence de la République

Al Fasher, 6 août (APS) - Le président sénégalais Abdoulaye Wade a émis dimanche à al Fasher (nord Darfour, environ 1000 km à l'ouest de Khartoum), l'idée de compléter le nombre de soldats de la Mission de paix au Darfour par des forces venant des pays membres de l'Organisation de la conférence islamique (OCI). Je ne sais pas ce que ça va donner mais c'est une idée. On pourra prendre des soldats pour compléter le contingent de l'Union africaine. C'est une idée qui reste à préciser. Si vous êtes d'accord, vous choisissez des pays membres de l'OCI qui peuvent envoyer des soldats, a souhaité Me Wade. Le chef de l'Etat s'adressait au gouverneur de l'Etat du Nord Darfour au cours d'une visite effectuée dans cette zone en proie à des affrontements armés entre divers mouvements et le gouvernement de Khartoum. Un total de 5454 soldats africains sont en ce moment déployés au Darfour sous la bannière de l'UA. Les policiers sont au nombre de 1425. les besoins en soldats sont estimés à 10.500 hommes tandis que le nombre de policiers requis est de 2200, selon des chiffres fournis à l'état major. Le président Wade, qui s'est exprimé en langue nationale wolof, a fait cette proposition pour rassurer les autorités soudanaises qui sont hostiles à tout déploiement de forces de maintien de la paix sous la bannière de l'Organisation des nations unies, le percevant comme une recolonisation de leur pays. Exprimant sa position, qui est aussi celle du gouvernement, le gouverneur du nord Darfour, Muhamad Yusuf Kibir, a lancé : nous sommes contre l'intervention des forces étrangères. Nous sommes opposés à tout déploiement d'une force de maintien de la paix des Nations unies. Nous refusons catégoriquement la transformation de la mission de l'UA en une force de paix des Nations unies. Nous ne permettrons pas à la colonisation de revenir au Darfour. Lorsque la colonisation s'est étendue à toute l'Afrique, le Darfour est resté indépendant. Le Darfour est et restera soudanais et indépendant, a ajouté M. Kibir devant un public qui lui répondait en chœur : Allahou Akbar ! (Dieu est grand, en langue arabe). Il a réaffirmé l'engagement des autorités soudanaises à appuyer l'accord de paix d'Abuja qui prévoit un partage du pouvoir et des richesses. Lui répondant, le président Wade a signalé que le refus de la colonisation est une conviction chez lui. Il a rappelé qu'il était le seul avocat africain qui défendait le Front de libération national algérien en guerre contre la colonisation française. J'ai été très engagé pour l'indépendance de l'Afrique. Je défends les Etats Unis d'Afrique. Je suis toujours dans ce combat pour l'unité et l'indépendance du continent. Dans mes actions, je lutte toujours ça, a-t-il poursuivi. Cependant, a précisé chef de l'Etat, le monde est ouvert vous appelle aux Nations unies, il faut y aller, se défendre et essayer de rallier les autres à sa position. Je n'ai pas le droit de croiser les bras. Je dois venir aider à éteindre le feu car sans paix, il n'y a pas de développement. Omar Hassan El Béchir est un ami. S'il m'appelle, c'est qu'il compte sur moi. C'est pourquoi je viens répondre à son appel, a-t-il indiqué, invitant les autorités soudanaise à ne pas rester sur des positions figées. Je ne dis pas qu'il faut transférer le dossier au Conseil de sécurité des Nations unies. L'ONU est là pour tout le monde. On peut penser à impliquer l'OCI, a ajouté Abdoulaye Wade. Il a dit sa disponibilité à faciliter une rencontre entre les présidents El Béchir du Soudan et George Bush des Etats-Unis, même si celui-ci n'est pas le problème. Je veux que le président Bush rencontre le président El Béchir. Je suis prêt à aider à cela. Il ne faut pas fermer la porte du dialogue, a insisté Me Wade. ADC/AD