Le chef de l'Etat en mission pour rallier les dissidents du Darfour à l'accord-cadre d'Abuja +++ Envoyé spécial de l'APS : Aboubacar Demba Cissokho +++

Présidence de la République

Khartoum, 4 août (APS) - Le président de la République Abdoulaye Wade, qui est arrivé vendredi après-midi à Khartoum pour une visite officielle de 4 jours au Soudan, a indiqué à la presse que sa mission consistera à convaincre les deux mouvements rebelles du Darfour à rejoindre le processus de l'accord-cadre d'Abuja. Si je peux convaincre les dissidents à rejoindre l'accord-cadre d'Abuja, ce sera déjà bien, a dit le chef de l'Etat qui s'entretenait avec la presse, à bord de l'avion de commandement, en partance pour Khartoum. Deux mouvements rebelles dissidents ont refusé de signer l'accord-cadre entre le gouvernement du Soudan et la rébellion. Cet accord pose le problème du partage du pouvoir avec les autorités en place, a expliqué le président Wade. Deux hypothèses de sortie de crise sont émises par cet accord : le maintien de la division actuelle du Darfour ou bien la mise en place d'une autonomie régionale. Il s'agit, dans ce cas, de faire en sorte que le pouvoir fédéral soudanais partage les institutions et les richesses avec les trois régions du Darfour. Une mission de paix de l'Union africaine (UA), composée de 6.171 soldats, dont 383 Sénégalais et 1.580 policiers, est actuellement présente au Darfour. Selon le président Wade, la communauté internationale réfléchit à faire passer cette mission de l'Union africaine au Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies, hypothèse à laquelle le président soudanais est opposé. Le président du Soudan n'a pas hésité à envoyer une mission à Dakar pour que je l'aide à faire connaître sa position. Je lui ai expliqué que l'Union africaine est toujours impliquée, a indiqué le chef de l'Etat. Nous en sommes là. Étant donné que l'UA n'a pas les moyens de gérer cette mission, il faut passer vers une mission des Nations unies d'ici le mois de septembre. Il faut qu'une mission des Nations unies soit en place, a-t-il estimé. La mise en place de cette mission nécessite des dépenses évaluées à 400 millions de dollars, a dit le chef de l'Etat qui a révélé que le Canada est prêt à participer à ce budget à hauteur de 200 millions de dollars. Cependant, a-t-il précisé, la participation canadienne et celle d'autres pays est conditionnée à la mise en place de la force des Nations unies en lieu et place de la mission de paix de l'Union africaine. Ce déplacement au Soudan correspond à une mission officielle sur l'invitation du président El Béchir, a fait savoir le président de la République. J'ai de très bonnes relations avec le président du Soudan qui m'a toujours invité aux réunions sur le Darfour, bien que le Sénégal soit à des milliers de kilomètres de là, a-t-il ajouté. Quand l'affaire du Darfour a éclaté, il a insisté pour que je visite, avec lui, la région du Darfour, a rappelé le chef de l'Etat sénégalais. ADC/BK