Les étudiants ivoiriens en journalisme plébiscitent Fraternité Matin+++Envoyé spécial: Salif Diallo+++

Présidence de la République

Abidjan, 11 juil (APS) - Les étudiants de l'Institut des sciences et techniques de communication (ISTC) d'Abidjan considèrent le quotidien gouvernemental Fraternité Matin comme le meilleur journal ivoirien. Pour la plupart du temps, les quotidiens ivoiriens pour ne pas dire les journalistes ivoiriens roulent pour des chapelles politiques. Dans ce lot seul Fraternité Matin semble faire la part des choses et tente de donner la parole à toutes les parties, déclare Joseph Kablan, étudiant en seconde année à l'ISTC. Selon le futur journaliste qui est venu à la radio par passion, le journaliste ivoirien n'a pas bonne presse au niveau des populations. Malheureusement, tout le monde est mis dans le même sac, déplore-t-il. Son camarade de promotion, Joël Ahonou qui reconnaît que le meilleur quotidien est Frat Mat (Fraternité Matin), estime que les journalistes ivoiriens se décrédibilisent notamment dans la relation des faits. Sur un même événement, vous verrez plusieurs versions selon la connotation du journal. Cela ne fait pas sérieux et ôte toute crédibilité à l'information, explique cet l'étudiant en radio. Il souligne que pour avoir la meilleure relation des faits, les gens s'appuient sur le quotidien gouvernemental. Tchimou Amandine, qui faisait des essais de voix dans le studio de radio de l'institut, abonde dans le même sens que ses condisciples, expliquant cet état de fait par les problèmes de salaires. Les journalistes sont tellement mal payés qu'ils sont obligés de vendre leurs plumes. Mais ils ne se rendent pas toujours compte des conséquences de leurs papiers, dit-elle, ajoutant que la presse ivoirienne donne une très mauvaise image de notre pays. En les lisant, on a l'impression que le pays est divisé en des parties antagonistes qui se regardent en chiens de faïence. Or, vous avez pu constater que ce n'est pas vrai. Il y a les hommes politiques et les autres qui tentent de s'en sortir et de sortir le pays de la crise, martèle-t-il. Selon lui, ici à l'institut nous sommes d'ethnies, d'origines sociales et religieuses différentes, mais on vit bien notre différence. Cela fait dire à Jean Paul Adjodi que la formation doit devenir obligatoire pour toutes les personnes voulant exercer le métier de journaliste. Notre pays est confronté à de sérieuses difficultés. Au lieu que la presse aide les population à s'en sortir, c'est plutôt le contraire que l'on voit avec des insultes, des appels à la haine ethnique ou autre, s'indigne-t-il, appelant à un recyclage des journalistes qui sont déjà sur le terrain. La Côte d'Ivoire vit depuis septembre 2002 une partition de faite avec une partie septentrionale dirigée par les rebelles des Forces nouvelles et le Sud dirigé par le gouvernement du président Laurent Gbagbo. Les deux parties sont séparées par une zone confiance. La bataille pour que la nation ivoirienne recouvre son unité doit commencer au niveau de la presse, pense Gervais Kouassi précisant que la situation actuelle ne fait l'affaire d'aucune chapelle. Tout le monde est conscient de la capacité de nuisance des journaux mais personne ne veut bouger, dit-il, regrettant que des partis soient obligés de s'en prendre aux entreprises de presse pour régler des différends politiques. Cela prouve que les journaux sont des acteurs de la vie politique, souligne-t-il. SD/AD