Les journaux sont devenus les caisses de résonance des partis politiques, selon un responsable de l'OLPED+++Envoyé spécial: Salif Diallo+++

Présidence de la République

Abidjan, 11 juil (APS) - Les difficultés de la presse ivoirienne se résument à son implication dans les combats politiques et politiciens, a confié dans un entretien avec l'envoyé spécial de l'APS, Yolande Aby, secrétaire permanente de l'Observatoire de la liberté de la presse, de l'éthique et de la déontologie (OLPED). L'OLPED qui se veut un tribunal des pairs au niveau de la presse ivoirienne a été mis sur les fonts baptismaux en 1995 par la volonté des journalistes, a précisé Mme Aby, soulignant que l'institution où elle travaille, a pour objectif de rendre les journaux ivoiriens le plus indépendants possible. Nous avons un gros problème en Côte d'Ivoire. Si auparavant, on pouvait dire des journaux qu'ils étaient proches des formations politiques, actuellement, la situation s'est empirée. Ils portent les discours des hommes politiques et deviennent de véritables acteurs politiques, a dit l'ancien reporter du quotidien Notre Voie. Estimant qu'en Côte d'Ivoire, l'expérience de la neutralité des quotidiens a fait long feu, elle a ajouté que la tendance est à un financement de la presse par les hommes politiques. C'est devenu un secret de polichinelle. Quand on cite un journal, on peut dire de quel bord politique, il se situe, a-t-elle expliqué, relevant que les problèmes de salaires mais aussi le déficit de formation sont à l'origine de ces dérapages. Des dérapages qui se constatent à travers des insultes, des appels à la haine raciale et religieuse (...) dans les colonnes des publications, a déploré la jeune dame de nationalité togolaise mais qui a fait toute sa vie en Côte d'Ivoire. Pour toutes ces raisons, l'OLPED qui est un organe d'autorégulation est un outil important pour aller dans la quête d'un journalisme en phase avec l'éthique et la déontologie donne des bons et mauvais points aux journaux à travers une grille d'indexation. Chaque matin, des employés de l'observatoire scrutent les journaux pour voir ce qui a été écrit et qui se trouve en marge de la pratique professionnelle, a déclaré la responsable de l'OLPED, précisant qu'à la fin de chaque année notre structure distribue des prix (diamant, or et argent). Les journaux qui ont le moins d'indexation sont primés. Ce sont les journaux qui paraissent de façon régulière et qui appliquent la Convention collective, a-t-elle dit, rappelant que le montant global des prix est de 29 millions de francs CFA. Mais nous ne donnons pas de l'argent liquide. Ce sont des bons d'équipements qu'on donne aux entreprises de presse qui se sont le mieux illustrées, a-t-elle poursuivi, précisant, au sujet de la presse ivoirienne, que l'aide à la presse devrait permettre aux journaux de se démarquer des formations politiques. La loi a été votée et promulguée mais nous attendons toujours son application effective. A mon humble avis, ce serait une bonne chose pour la presse ivoirienne qui a besoin de s'affranchir des chapelles politiques si elle veut réellement jouer son rôle dans la société ivoirienne, dit-elle en guise de conclusion. SD/AD