Au début de la Sorbonne, les idées d'un malade mental+++Envoyé spécial: Salif Diallo+++

Présidence de la République

Abidjan, 10 juil (APS) - La Sorbonne, lieu de rencontres et de discussions au coeur d'Abidjan, a été fondée par Ernest Kouadio, ancien étudiant ivoirien de la célèbre université française du même nom, a expliqué le Secrétaire permanent de la structure à l'envoyé spécial de l'APS. Il a commencé à professer ses idées en 1986. Et il disait tout haut ce que personne n'osait avancer à l'endroit de la politique menée par le premier président de la République ivoirienne (Félix Houphouët Boigny), avance Jérémie Okrou, soulignant par ailleurs que Ernest Kouadio était atteint de démence. Il était timbré. C'est pourquoi les gens le laissaient tranquille, précise-t-il. Il dénonçait la pratique politique de l'époque et dans son sillage, les gens ont commencé à s'organiser, même si c'est l'informel qui dominait jusque-là. Le contexte politique de l'époque, avec la démocratisation et les convulsions dans les universités, avait fini de faire la publicité au fondateur de la structure qui était très suivie, dit-il, rappelant qu'au décès de ce dernier plusieurs personnes vont tenter de prendre le relais. Il y avait au départ plusieurs sensibilités politiques et c'était le lieu de la contestation politique par excellence. Ce qui a certainement poussé le président Henri Konan Bédié à envoyer l'armée et la police pour mettre fin à nos discours, souligne-t-il, rappelant qu'il a fallu attendre l'arrivée au pouvoir du Général Robert Guei pour que la Sorbonne rouvre ses portes. La dernière campagne électorale pour la présidentielle de 2002 avait fini de structurer la Sorbonne derrière le candidat Gbagbo (Laurent) dont le plan programme va dans le sens des besoins des populations, avance Jérémie Okrou qui se présente comme un juriste. Fonctionnant du lundi au vendredi, la Sorbonne qui est située au quartier des affaires du Plateau de la capitale ivoirienne, accueille des centaines de personnes écoutant à longueur de journée ceux qui ont quelque chose à dire par rapport à la marche du monde. Il faut tout juste venir nous voir pour expliquer le thème qu'on veut développer, souligne le Secrétaire permanent de la Sorbonne qui ajoute que notre structure est normée, a un règlement intérieur qui est applicable aux responsables et à toutes les personnes voulant y intervenir. Ainsi chaque matin, la parole est donnée d'abord aux confessions religieuses, ensuite c'est le tour des tradipraticiens vendant leurs produits miracles. Enfin c'est au tour des étudiants de la Sorbonne qui expliquent comment le monde est géré et la voie idéale pour que l'Afrique et la Côte d'Ivoire puissent s'en sortir, indique Jérémie Okrou, son secrétaire permanent. SD/AD