La Sorbonne, la brain trust du Front populaire ivoirien+++Envoyé spécial: Salif Diallo+++

Présidence de la République

Abidjan, 10 juil (APS) - A première vue, ça peut ressembler à n'importe quel marché africain où des charlatans regroupent des gens autour d'eux pour prêcher la bonne parole, a constaté sur place l'envoyé spécial de l'APS. Le micro à la main, un homme d'une quarantaine d'années sobrement habillé disserte sur la politique internationale. Il est religieusement écouté par un public assis sur des longs bancs en bois et des chaises en pastique de couleur blanche placées à quelques encablures des premiers tables où des commerçants officient sans prêter attention au remue-ménage ambiant. En cette veille de la seconde sortie des Eléphants à la coupe du monde 2006, la rencontre Côte d'Ivoire-Pays Bas n'est pas encore à l'ordre du jour à la Sorbonne où c'est plus tôt la politique internationale qui a droit de cité. C'est en milieu de journée, on parle plutôt de politique internationale contrairement aux premières heures de la matinée où la place est laissée aux confessions religieuses. Ensuite, c'est le tour des tradipraticiens et enfin c'est le tour de la politique même si depuis quelques temps la participation des Eléphants à la coupe du monde, occupe une place centrale dans les discussions, souligne Jérémie Okrou qui a été présenté comme secrétaire permanent. La Sorbonne, explique-t-il, est un lieu où tout est laissé à la parole. Avant de prendre la parole, il faut expliquer aux responsables de la structure sur quoi on veut disserter, précise-t-il, s'empressant de réfuter l'idée que sa structure est à la solde du pouvoir de Gbagbo. Nous sommes plutôt en phase sur le plan philosophique et politique avec le Front populaire ivoirien (FPI), reconnaît-il, annonçant qu'après avoir écouté tous les protagonistes lors de la campagne électorale de 2002 nous avons constaté que nous étions en phase avec les idées du candidat Gbagbo. L'Assurance maladie universelle (AMU) et le kilogramme de cacao à 1000 francs CFA avaient emporté notre adhésion à reconnaître le candidat du FPI comme celui qui va le mieux défendre les intérêts du peuple, essaie d'expliquer le secrétaire permanent de la Sorbonne sur les raisons de notre alignement aux thèses de Laurent Gbagbo. Des journalistes ivoiriens sous le couvert de l'anonymat parlent plutôt des intellectuels de Gbagbo quand on leur a demandé l'adresse de ce lieu pour se faire une religion sur les idées professées par les intellectuels de la Sorbonne. D'idées, on assistera à une attaque en règle de la politique française en Afrique et surtout à la volonté de faire de la Côte d'Ivoire, un labo d'expérimentation. Ils veulent jeter dans notre pays tous les déchets et les indésirables de la sous région. Or nous avons atteint notre seuil de tolérance , avance Jérémie Okrou, qualifiant de normale la politique appliquée par mon pays afin de réguler les flux migratoires. Avec ces flux migratoires, on veut étouffer la Côte d'Ivoire et ses populations autochtones, avance le juriste sans sourciller, soulignant pour se faire comprendre que la Côte d'Ivoire accueille jusqu'à 48 pour cent d'étrangers. C'est impossible, on ne peut plus tenir comme cela. Il faut que les gens sachent qui est qui dans notre pays. Comme cela se fait dans tous les pays du monde, dit-il, estimant qu'aucun pays dans le monde ne reçoit autant d'étrangers. Ni les potentialités économiques ivoiriennes encore moins les données historiques ne peuvent perturber le secrétaire permanent de la Sorbonne qui croit dur comme fer à un complot de la France contre la Côte d'Ivoire. La logique serait qu'on refuse d'accueillir des étrangers, parce que si ça continue comme cela, on risque de perdre l'identité ivoirienne, dit-il, soulignant que la Côte d'Ivoire a dépassé le seuil fixé par la Communauté des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) d'étrangers sur son sol. SD/AD