La présidente du MALAO pour une analyse de l'implication des femmes +++Correspondance particulière+++

Présidence de la République

New York, 6 juil (APS) - La présidente du Mouvement contre les armes légères en Afrique de l'Ouest, Christiane Agboton Johnson, espère que la conférence des Nations unies chargée d'examiner les progrès accomplis dans l'exécution du programme d'action en vue de prévenir, combattre et éliminer le commerce illicite des armes légères sous tous ses aspects va se prononcer sur l'implication des femmes dans les processus de recherche de la paix. Ouverte le 26 juin dernier, la rencontre de New YOrk s'achève vendredi. Selon Mme Agboton, le programme de 2001 évoque les femmes juste en tant que victimes alors qu'elles ne sont pas seulement victimes. Elles sont de grandes actrices de la paix qu'on doit encourager a tous les niveaux, que cela soit au niveau communautaire, national et international et de la prise de décision", précise-t-elle. L'assistance technique et financière pour la lutte contre la circulation et la prolifération des armes légères en Afrique semble aussi importante pour elle. Mme Agboton se demande si en cinq ans on a réellement une idée du montant de l'aide ou des domaines dans lesquels les Etats africains ont bénéficié d'une aide. On ne peut pas vouloir réaliser un programme aussi ambitieux quand il n y a pas d'appui dans les différents domaines", soutient-elle. La présidente du MALAO a en outre regretté l'absence d'axe relatif à la paix ou a la prévention des conflits dans les documents de stratégie de réduction de la pauvreté. Et pourtant dit-elle, "c'est un pilier important". Concernant le marquage et le traçage des munitions, la présidente du MALAO souhaite que la conférence s'y prononce et regrette que la convention de la CEDEAO sur les armes légères et de petit calibre, leurs munitions et autres matériels connexes n'est pas pris en charge cette question. "(...) Dans nos pays, les gens fabriquent des armes artisanales et utilisent ces munitions donc si vous voulez retrouver une certaine traçabilité, il faut que les munitions soient marquées", souligne-t-elle. Enfin, la présidente du MALAO espère que cette réunion se penchera sur la possession des armes par les civils et le transfert des armes aux acteurs non étatiques. Elle ajoute que la CEDEAO (Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest) a fait des avancées de même que l'Union européenne qui vient de sortir sa nouvelle stratégie sur les armes légères. Mais elle craint qu'à force de chercher un consensus, finalement, les Nations unies perdent leur rôle de garant de la paix et de la sécurité. Il ne faudrait pas les Nations unies soient à la remorque des structures régionales. On a vraiment besoin d'un verrou pour la paix et la sécurité, estime Christiane Agboton Johnson. Selon elle, il faudrait que les Nations unies fassent un sursaut et qu'il retrouve leur rôle de leader dans la paix et la sécurité et il est important que cette conférence ne soit pas un échec. Toutefois Mme Agboton reconnaît qu'il est difficile d'avoir le même point de vue sur toutes ces questions mais il faudrait que tous les participants sachent qu'ils sont à New York pour des problèmes sérieux de vie humaine et donc d'aller au fond du débat sur chaque question. La conférence de révision du Programme d'Action des Nations unies de juillet 2001 a pour but de voir en cinq ans ce qui a été réalisé globalement, à quel niveau. Le Programme d'action avait établi une série de mesures et initiatives pour les Etats tels que le contrôle sur les transferts d'Armes légères et de petit calibre, la réglementation sur le courtage, la gestion des stocks, l'impact sur le développement et le marquage et le traçage des ALPC. KD/ADC