Un Sénégalais raconte sa vie en zone occupée par les Forces nouvelles +++Envoyé spécial: Salif Diallo+++

Présidence de la République

Abidjan, 6 juil (APS) - Le problème de la scolarisation des enfants est le seul qui se pose réellement aux Sénégalais vivant dans la zone rebelle, a confié sous le couvert de l'anonymat l'un deux vivant à Korhogo située à 638 km au nord-ouest de la capitale, Abidjan. Depuis le début de la guerre, nous ne payons ni eau, ni électricité. Mais le problème de la scolarisation des enfants se pose avec acuité à cause de l'absence des enseignants, avance ce Sénégalais répondant aux initiales de MMM qui vit dans cette ville depuis plus de 15 ans. La Côte d'Ivoire vit depuis septembre 2002 une division de faite entre une partie septentrionale contrôlée par des rebelles et une partie méridionale sous contrôle de l'Etat. Entre les deux, une zone de confiance a été établie par l'armée française, intervenue dans le cadre de l'opération Licorne pour protéger les ressortissants français et d'autres étrangers vivant dans le pays, indique une note de la Mission de l'Organisation des nations unies en Côte d'Ivoire. En dépit de cette situation de crise, MMM qui évolue dans le secteur informel, estime que la ville de Korhogo est l'une des plus sécurisées au monde. Au début, les voleurs étaient proprement exécutés. Maintenant, il y a une prison mais comme il n'y a pas de juge, les voleurs et autres malfaiteurs se tiennent tranquilles parce que s'ils sont pris, ils savent qu'ils risquent de passer plusieurs années en prison sans être jugés, indique le sexagénaire qui était descendu à Abidjan pour régler quelques problèmes. Toutefois, quitter Korhogo pour Abidjan, n'est pas de tout repos, explique cet homme installé dans le jardin de la coquette villa d'un de ses compatriotes, un ancien pilote de la défunte compagnie aérienne, Air Afrique Il y a un racket organisé au niveau des forces de l'ordre. C'est pourquoi, nous qui évoluons dans le commerce, avons mis nos activités en sourdine en attendant de voir des jours meilleurs, ajoute-t-il, estimant que partout en Côte d'Ivoire, les affaires sont au ralenti. S'il est vrai que la guerre a enrichi certaines personnes, la majorité de la population vivant notamment en zone rebelle vit dans la pauvreté, dit-il préférant déconseiller un voyage au nord pour un étranger. Il a toutefois reconnu que la situation évolue de façon favorable, rappelant que la Côte d'Ivoire recèle encore d'énormes possibilités et une fois la paix revenue, les affaires vont repartir de plus belle. Il a indiqué, au sujet de la zone rebelle, que si nous regardons la RTI (Radio télévision ivoirienne), les rebelles ont leur propre télévision qui émet dans les langues locales. Elle s'appelle radio télévision Paléforogo et elle est très suivie par les populations locales parce que les émissions et les informations sont passées dans les langues locales (sénoufo et dioula), explique-t-il. Korhogo compte entre 800 et 900.000 habitants dont 350 à 400 Sénégalais. SD/AD