Les Etats interpellés sur les mesures de suivi du programme contre les armes légères +++Correspondance particulière+++

Présidence de la République

New York, 6 juil (APS) - Le Réseau d'action contre les armes légères (IANSA) dont beaucoup d'ONG africaines sont membres estime que la question des mesures de suivi sera parmi les plus importantes pour la mise en œuvre du Programme d'action en vue de prévenir, combattre et éliminer le commerce illicite des armes légères sous tous ses aspects. Le programme est en discussion à la conférence de Révision des Nations unies chargée d'examiner les progrès accomplis dans son exécution (26 juin-7 juillet). Sans cela (les mesures de suivi), le Programme d'action ne pourra pas être pleinement mis en œuvre, signale IANSA dont le Mouvement contre les armées légères en Afrique de l'Ouest (MALAO) est membre. Les mesures de suivi sont le moteur qui permet au processus d'aller de l'avant et de faire en sorte que les engagements pris par les Etats soient traduits en actions concrètes pour sauver des vies, indique le communique publie mercredi par IANSA. Certaines des objections soulevées dans les mécanismes de suivi sont basées sur la perception que les réunions biennales des Etats organisées en 2003 et 2005 étaient relativement inefficaces, et qu'il faut donc y mettre un terme. IANSA ne partage pas ce point de vue. Pour lui, ces réunions ont été utiles pour maintenir l'élan pour la mise en œuvre du Programme d'action. Elles ont également permis de réunir les acteurs principaux (Etats, organisations internationales et régionales et société civile) de manière tant formelle qu'informelle pour échanger des informations et coordonner leurs actions. Le réseau souligne que l'organisation de réunions d'action sur la mise en oeuvre est importante car ces réunions peuvent s'appuyer sur une analyse préalable des rapports nationaux, et formuler des recommandations pour considération par l'Assemblée générale et la prochaine Conférence de Révision. IANSA demande aux Etats de concentrer leurs efforts et les propositions formulées par certains pays comme le Canada et les Pays-Bas, afin de développer un plan de travail intersessions sur des questions thématiques particulières. Cependant il déplore le fait que les réunions biennales ne fournissent pas suffisamment de temps pour considérer de manière approfondie les mesures visant à améliorer la mise en œuvre du Programme d'action (et du document final de 2006). Pour lui, les réunions intersessions pourraient permettre aux Etats, organisations internationales et de la société civile intéressés d'échanger des vues sur des pratiques à émuler, et de développer des standards minimaux. De telles réunions intersessions exigeraient la mise sur pied d'un programme de sponsoring pour permettre une large participation d'Etats et d'organisations de la société civile, relève IANSA. De plus, IANSA a suggéré divers mécanismes susceptibles d'élever le profil de la question des armes légères au sein du système des Nations unies et au-delà. Ceux-ci pourraient inclure l'allocation à la question des armes légères d'un certain nombre de jours pendant la réunion du Premier Comité de l'Assemblée générale, ou la nomination d'un représentant spécial des Nations unies sur les armes légères. IANSA demeure convaincu que l'argument sur le coût financier que nécessite l'organisation de ces réunions est faux, les fonds requis pour des réunions de suivi n'étant pas énormes en regard des dépenses totales liées à la mise en œuvre du Programme d'Action. De plus, s'ils sont bien préparés et équipés de mandats adéquats, de tels mécanismes joue un rôle primordial pour soutenir et encourager les efforts de mise en œuvre du Programme d'Action, explique le communiqué de IANSA. Mieux ils permettent d'assurer une action et une coopération internationale efficaces, aident à tenir les gouvernements responsables devant leurs engagements, et soutiennent une attention politique au plus haut niveau. Enfin ces réunions permettent également de mobiliser des ressources et de conclure des partenariats permettant la mise en œuvre du Programme d'Action. Sans elles, il est possible que de nombreux gouvernements et agences détourneraient leur attention et leurs ressources vers d'autres questions, et la mise en œuvre du Programme d'Action en souffrirait. La plus-value des mesures de suivi compense amplement leurs implications financières, estime encore le réseau. Face à cette situation IANSA demande aux Etats membres de l'ONU de faire un meilleur usage des réunions biennales d'Etats/Réunions d'action sur la mise en œuvre et les assortir d'un programme de sponsoring en prenant en considération l'harmonisation du format des rapports nationaux qui devront être soumis en avance de ces réunions pour analyse. Il recommande aussi aux Etats de décider de convenir une nouvelle Conférence de révision et se mettre d'accord sur un cycle de réunions biennales et de synchroniser les réunions biennales avec les rapports que les Etats doivent établir en rapport avec l'instrument sur le marquage et le traçage, et le Protocole sur les Armes à Feu. IANSA propose enfin aux Etats d'adopter un processus intersessions sur des sujets spécifiques, et allouer une part de la réunion annuelle du Premier Comité à la discussion de questions liées aux armes légères. KD/ADC