L'immigration des travailleurs qualifiés, une perte pour les pays d'origine, selon un responsable de l'OCDE +++ Du correspoondant de l'APS : Macky Sall +++

Présidence de la République

Toronto, 4 juil (APS) - L'immigration de travailleurs hautement qualifiés peut entraîner une perte importante pour les pays d'origine en voie de développement, a averti l'Organisation de développement et de coopération Économiques (OCDE) dans sa nouvelle publication, Perspectives des migrations internationales. Tous les pays recherchent des immigrants qualifiés. Les pays de l'OCDE étant tous devenus des pays d'immigration, la concurrence pour attirer et retenir les travailleurs hautement qualifiés va s'accroître, indique le Directeur de l'Emploi, du Travail et des Affaires sociales, John P. Martin. Une nouvelle tendance concerne le recrutement d'étudiants étrangers à l'issue de leurs études, au risque de nuire a leurs pays d'origine (...), selon M. Martin qui invite les pays de l'OCDE à peser le pour et le contre de ce type de recrutement, une intégration rapide contre tout risque de fuite des cerveaux. Cet ouvrage est publié au moment où la question de l'immigration, lancinante depuis plusieurs années, occupe la une des médias et constitue surtout une préoccupation pour les autorités publiques de plusieurs États du nord et du sud. Le débat relatif à ce sujet se concentre sur une éventuelle redéfinition des critères et surtout des qualifications des potentiels travailleurs immigrés. Le concept d'immigration choisie, récemment lancée par Nicolas Sarkozy, le ministre de l'Intérieur français, a suscité une vague d'indignation de la plupart des autorités africaines ainsi que des organisations de défense des droits de l'Homme. Relevant que la politique et le discours publics sur les migrations internationales doivent trouver un juste équilibre, le responsable de l'OCDE indique que les difficultés d'intégration ont parfois entraîné un discours public ambivalent sur la migration. Les restrictions imposées ainsi que les discours prononcés peuvent, s'ils sont mal équilibrés, produire des effets négatifs à la fois sur les migrants potentiels ayant les caractéristiques recherchées par les pays et qui risquent de ne pas affluer en nombre suffisant, et sur l'intégration des immigrés déjà installés et de leur famille. Le document précise qu'actuellement, il y a environ trois millions d'immigrants qui entrent légalement dans les pays de l'OCDE annuellement, en sus des entrées irrégulières ou par le biais de canaux inhabituels comme les demandeurs d'asile ou les touristes qui prolongent leur séjour. Cette publication, Perspectives des migrations internationales, signale que dans des pays comme l'Australie, le Canada ou la Nouvelle-Zélande, considérés par les autres pays de l'OCDE comme des modèles à suivre, les immigrants sont sélectionnés sur la base des compétences linguistiques, de l'expérience professionnelle, du niveau d'instruction et de l'âge. L'immigré, parfois considéré comme un bouc-émissaire, constitue néanmoins une part croissante et importante de la force du travail dans les pays développés, représentant 12 pour cent de la population active en Allemagne, 25 pour cent en Suisse et en Australie. Aussi, dans la moitié des pays de l'OCDE, la population immigrée représente-t-elle 10 pour cent de la population totale. Leur apport dans leurs pays d'origine croît d'année en année, avec les transferts de fonds qui ont atteint en 2004, selon des estimations du Fonds Monétaire International, 126 milliards de dollars, dépassant le volume d'aide publique au développement dans plusieurs pays d'émigration. MIS/BK