Adoption d'un traité sur les armes légères : inquiétudes dans les rangs de la société civile +++Correspondance particulière+++

Présidence de la République

New York, 3 juil (APS) - A quatre jours de la fin de la conférence des Nations Unies chargée d'examiner l'exécution du programme d'Action en vue de prévenir, combattre et éliminer le commerce illicite des armes légères sous tous ses aspects, les inquiétudes commencent à gagner les rangs de la société civile et des délégations officielles. Une semaine après l'ouverture de la rencontre (26 juin-7 juillet), les négociations n'ont pas encore réellement démarré. La conférence continue toujours d'enregistrer les déclarations des positions des Etats membres de l'Onu. Selon le directeur de cabinet du ministre sénégalais des Forces armées, Emmanuel René Moise, chef de la délégation officielle sénégalaise, certaines grandes puissances membres du Conseil de sécurité supportent l'institution d'un Traite sur le Commerce des Armes (TCA) et sont en train de faire un intense lobbying allant dans ce sens. Je ne pense pas qu'on sortira de cette réunion avec un TCA. Cela n'est pas pour bientôt. Certaines puissances supportent la campagne d'autres sont contre, estime M. Moise estimant que les obstacles à franchir sont nombreux. Même s'il doit être admis, ce sera dans un délai que je ne peux pas évaluer maintenant, précise-t-il. Pourtant dans les couloirs beaucoup de participants s'attendaient à un fléchissement de la position des Etats Unis. Mais ces derniers sont restes fermes dans leur position sur le transfert des armes et sur la possession des armes par les civils. Dans leur déclaration, ils soutiennent que leur constitution autorise les citoyens et les civils à utiliser les armes et à les porter, justifiant ainsi leur refus de toute proposition de programme d'action allant dans le sens d'interdire le port des Armes légères et de petit calibre (ALPC) par des civils parce que cela est admis dans leur constitution. Mieux encore, les Etats Unis soulignent qu'ils vont continuer à armer les groupes qui veulent se battre pour leur liberté pour une raison quelconque. Cette position des Etats Unis réduit un peu la portée du programme d'action visant à éliminer le commerce illicite des armes légères et leur prolifération, commente un délégué venu du Kenya. Quant aux Etats africains, explique le chef de la délégation sénégalaise, ils sont tous pour l'institution d'un traité sur le commerce des armes. J'espère que le monde va évoluer et que les gens vont comprendre que la prolifération des armes légères ne pourra s'arrêter que lorsqu'un jour le TCA est adopté sur le plan mondial et au niveau de l'Onu, explique René Emmanuel Moise. Le TCA est un traité dans lequel le commerce et le transfert illicites des ALPC vont être réglementés au plan mondial. Tirant le bilan d'une semaine de présence à New York, M. Moise souligne que les attentes de la délégation sénégalaise ont été jusqu'a présent satisfaites. Nous ne nous attendions pas à voir la conférence réviser le plan d'action mais simplement le compléter. Ce qui se passe nous laisse optimiste quant à la suite de cette conférence. Quant au Colonel El hadj Dia, secrétaire permanent de la Commission nationale sur les armes légères, il a annoncé que la délégation officielle sénégalaise va se concerter avec la société civile sur le document de travail produit par le président de la conférence pour faire des propositions à l'assemblée générale des Nations unies. Selon Small Arms Survey, une ONG basée à Genève, les armes de petit calibre sont des armes qui peuvent être transportées et utilisées par des personnes : revolvers, pistolets, fusils, fusils de chasse et fusils d'assaut. Les armes légères sont celles qui nécessitent le concours de plus d'une personne pour être actives : mitrailleuses lourdes, armes antiaériennes, mortiers, lance-roquettes, fusils sans recul et canons antiaériens portatifs. Le commerce des armes s'élèvent à 4 milliards de dollars par an, dont 1 milliard non autorisé ou illicite. KD/ADC