Alpha Omar Konaré :l'UA est pour l'élimination des pratiques traditionnelles néfastes

Présidence de la République

Dakar, 13 juin (APS) - L'Union africaine plaide en faveur de l'élimination des pratiques traditionnelles néfastes car elle est gravement préoccupée par les effets sociaux et psychologiques de la pratique des mutilations génitales féminines en Afrique et ses conséquences sur l'état de santé des jeunes filles, a déclaré Alpha Omar Konaré. Dans un message délivré à l'occasion de la célébration de la Journée de l'enfant africain (JEA), prévue vendredi, le président de la Commission de l'UA souligne que les mutilations génitales féminines sont une coutume traditionnelle préjudiciable contre les filles et les femmes. En ce 21-ème siècle, alors que le reste du monde s'est engagé dans les innovations, les progrès dans le domaine de la science et la technologie, les découvertes et la recherche, l'Afrique pour sa part garde des croyances et des traditions profondément enracinées, dont certaines ont des effets négatifs non seulement sur les filles et sur les femmes, mais sur nos sociétés toutes entières, indique M. Konaré dont copie du message a été remis à l'APS. Conscient que les enfants du continent sont 44les plus vulnérables aux plans politique, social, économique et culturel, Alpha Omar Konaré regrette qu'ils soient aussi victimes de toute sorte de violence perpétrée à leur encontre : la violence physique, la violence sexuelle, la violence émotionnelle et la violence économique. Pour lui, il est parfois plus aisé de changer de lois, de politiques, de décision, mais il est plus difficile de bouleverser des attitudes, des comportements, des croyances et des pratiques. Ainsi, a-t-il ajouté, plusieurs cadres juridiques et d'orientations ont été adoptés en vue de la protection des droits et du bien-être de l'enfant, ainsi que de la violence contre les femmes. Le président de la Commission de l'UA a cité à ce propos deux des plus importants textes : la Charte africaine sur les Droits et le Bien-être de l'enfant et le Protocole à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, relatif aux droits de la Femme en Afrique. Selon lui, la Charte africaine sur les Droits et le Bien-être de l'enfant condamne énergiquement les mauvais traitements infligés aux enfants ainsi que les pratiques culturelles et traditionnelles néfastes. L'Union africaine a, en conséquence, inscrit cette question comme thème majeur à son ordre du jour, a-t-il souligné avant de s'engager à combattre la violence à l'égard des enfants et des femmes, à promouvoir la protection des enfants et des femmes contre les maladies, en particulier le VIH/Sida, ainsi que la participation des femmes dans le domaine de la politique et de la consolidation de la paix. Pour ce faire, il a souhaité que les cadres et instruments juridiques soient ratifiés par les Etats membres et intégrés dans leur législation nationale. Il est du devoir des Etats membres de mettre en œuvre les dispositions de ces instruments juridiques, car en définitif, c'est à l'échelle de nos Etats membres que ces pratiques traditionnelles sévissent et que les droits des enfants et des femmes sont bafoués, a dit Alpha Omar Konaré. La Journée de l'enfant africain (JEA) est célébrée le 16 juin de chaque année, en commémoration du massacre d'enfants innocents à Soweto en 1976 par le régime raciste d'Afrique du Sud de l'époque. Cette année qui coïncide avec son 30-ème anniversaire est placée sous le thème Droit à la Protection : mettre fin à la violence contre les enfants. ADL/CTN