Le Mondial n'aura pas d'incidence sur la vente des journaux, selon le responsable d'un magazine sportif +++Envoyé spécial: Salif Diallo+++

Présidence de la République

Abidjan, 11 juin (APS) - Le Secrétaire général du magazine sportif Supersport, Elie Kambiré, a confié à l'envoyé spécial de l'APS que la Coupe du monde n'aura pas un grand impact sur les ventes des quotidiens ivoiriens. Nous avons lancé notre magazine le 10 mai. Mais ce lancement n'a rien à voir avec la qualification de notre équipe nationale pour la Coupe du monde de football, a-t-il dit, estimant n'être pas convaincu que le Mondial de football va booster les ventes. Le véritable problème de la presse ivoirienne en ce moment, c'est la partition du pays. Et le fait que nous n'arrivons plus à vendre dans la zone de Bouaké est un grand manque à gagner, a expliqué l'ancien reporter de Stades d'Afrique qui, avec Hamidou Fomba et d'autres journalistes sportifs connus sur les stades africains, a quitté le groupe Fraternité Matin pour entamer une nouvelle aventure. Selon le secrétaire général de la rédaction de Supersport qui tire à 10.000 exemplaires, si nos revendications étaient prises en compte à notre retour de la CAN, nous ne nous serions jamais lancés dans cette aventure, a-t-il dit, relevant que tous les journaux ivoiriens souffrent de la partition de ce pays. Les quotidiens ont été obligés de diviser par deux leur tirage parce que les tracasseries étaient telles qu'ils ont décidé de plus vendre dans la zone dirigée par les Forces nouvelles, a-t-il ajouté, précisant qu'il y au moins 19 quotidiens en Côte d'Ivoire. Depuis septembre 2002, la Côte d'Ivoire est divisée en une zone dirigée par le gouvernement du président Laurent Gbagbo et le Nord sous administration des forces nouvelles. Selon le responsable de Supersport, les éditeurs appellent de tous leurs voeux le règlement de ce problème politique pour voir le bout du tunnel. Il est vrai que des journaux ont été créés avec la qualification des Eléphants en coupe du monde mais j'ai peur qu'ils ne déchantent, a-t-il commenté. L'équipe nationale ivoirienne a joué et perdu son premier match contre l'Argentine, 1-2 samedi. A la question de savoir si un bon parcours des Eléphants au Mondial pourrait avoir une incidence sur le processus de paix, il fait la moue avant de souligner qu'on le souhaite et on a espoir. Mais la crise est plus profonde. Je pense tout simplement que l'équipe nationale peut créer un climat de gaieté et de joie propice aux rencontres entre les différents belligérants. Mais de là, à voir, une solution à la crise, c'est aller trop vite en besogne, a-t-il dit. Il a estimé que de toute façon, les observateurs qui connaissent le football doivent dire aux supporters que les Eléphants vont à la coupe du monde pour apprendre. Il serait osé et présomptueux de penser gagner la coupe du monde avec des jeunes joueurs sans expérience des grandes compétitions mondiales, a-t-il ajouté. SD/AD