Ouverture de la réunion de Dakar sur la migration et le développement

Présidence de la République

Dakar, 6 juin (APS) - La rencontre de Dakar sur la migration et le développement ne vise pas à arrêter les flux migrations internationaux, mais d'identifier la meilleure manière d'optimiser les bénéfices qui en découlent pour le bonheur de tous, a précisé mardi le ministre sénégalais de l'Intérieur et des Collectivités locales, Me Ousmane Ngom. Notre ambition ne peut donc être de l'éradiquer, ce qui est, du reste, impossible, a-t-il déclaré à l'ouverture de la réunion des hauts fonctionnaires regroupant des délégués de plus de 60 pays et des membres d'organisations internationales. La rencontre de Dakar prépare la conférence ministérielle Europe-Afrique sur la migration et le développement, prévue à Rabat (Maroc), les 10 et 11 juillet prochain. Me Ngom a rappelé que les mouvements de personnes à l'intérieur des différentes aires économiques, comme l'Afrique et l'Europe, sont plus que jamais nécessaires dans le cadre d'une nouvelle réalité internationale. Celle-ci, selon lui, est caractérisée par mondialisation des marchés et la circulation des capitaux et des marchandises. Notre préoccupation majeure est fixer nos préoccupations dans nos pays, avec de programmes de développement qui favorisent l'épanouissement individuel et collectif ainsi que l'espoir de prospérité économique, a déclaré le ministre. Il a expliqué cette perspective prend en compte l'utilisation de la qualité des ressources humaines pour la mettre au service du développement, pour mieux exploiter les potentialités considérables dont les pays africains regorgent. Par des investissements massifs, nous pouvons exploiter, sur le territoire africain, tout le potentiel de production économique, dans tous les domaines,notamment agricole, industriel et celui des services, pour obtenir une croissance économique durable, créer des emplois et fixer nos populations, a-t-il poursuivi. Trois facteurs mettent en péril ces projections. Il s'agit de l'insuffisance de ces investissements, le manque de ressources scientifiques et technologies, ainsi que les déséquilibre causés par le marché international, notamment la flambée des cours du pétrole brut. Devant une telle situation, a-t-il souligné, il nous est difficile d'empêcher les forces vives de nos pays, principalement notre jeunesse et nos compétentes, d'aller combler les déficits de main d'œuvre dans les autres continents, comme l'Europe, où le vieillissement de la population est en train de sévir. Ousmane Ngom a signalé que nombre (de ses) compatriotes choisissent d'émigrer pour des motifs économiques, indiquant qu'ils partent à la recherche de l'emploi et des ressources financières pour aider leurs familles. Globalement, les transferts annuels de fonds des migrants sont officiellement estimés à 167 milliards de dollars. Ce montant peut aller jusqu'à 250 milliards dollars avec les transferts non déclarés. Ces montants dépassent ceux de l'aide publique au développement qui a du mal à atteindre ses objectifs, a-t-il dit. Face à l'émigration clandestine, le Sénégal a adopté la tolérance zéro et promet de démasquer et d'anéantir les marchands d'illusion, les trafiquants, les passeurs et convoyeurs qui sont organisés en réseaux structurés, exploiter financièrement le rêve de jeunes innocents. Le secrétaire d'Etat espagnol aux Affaires étrangères, Bernadino Leon Gross, a indiqué le 31 mai dernier que l'Espagne a pu identifier un nombre supérieur à 600, peut-être 700 Sénégalais en situation irrégulière aux Iles Canaries. En fin mai, près de 2000 candidats à l'émigration clandestine vers l'archipel espagnol des Canaries ont été interceptés par les forces de sécurité sénégalaises. Des centaines de jeunes sénégalais et des ressortissants d'autres pays de l'Afrique de l'Ouest sont arrivés, ces dernières semaines, dans les Iles Canaries, à bord de pirogues parties des côtes mauritaniennes ou sénégalaises. SAB/ADC