Baba Hydara reclame justice pour les victimes du regime de Jammeh

International

Dakar, 11 juin (APS) - Baba Hydara du conseil d'administration du Centre gambien pour les victimes de violations des droits humains, a invite, vendredi, les Etats africains, ainsi que les institutions de droits de l'Homme a mettre en place une coalition forte pour que justice soit rendue aux victimes du regime de l'ancien president de la Gambie, Yahya Jammeh.   "Depuis la fin de la dictature qui a dure 22 ans sous Yahya Jammeh, les victimes des violations des droits attendent en vain des actes forts allant dans le sens de rendre justice, mais aussi de les reparer, et nous pensons qu'une coalition de toutes les autorites etatiques africaines et acteurs des droits de l'homme, serait d'un grand apport afin que justice soit enfin rendue", a-t-il declare.   Baba Hyadara, fils du journaliste gambien Deyda Hydara, assassine en 2004 a Banjul, s'exprimait a l'occasion d'une conference de presse tenue dans les locaux de la Rencontre africaine pour la defense des droits de l'Homme (RADDHO), a Dakar.    Cette rencontre, selon lui, "est le dernier acte d'une tournee que le Centre pour les victimes de violations des droits humains mene depuis quelques jours au Senegal pour echanger et sensibiliser les autorites, la societe civile et les partenaires, sur le processus de justice transitionnelle qui se deroule en Gambie".   A en croire Baba Hyadara, a l'occasion de ses differents entretiens, la delegation du Centre gambien pour les victimes de violations des droits humains a mis un accent particulier sur l'importance de la mise en oeuvre des recommandations futures de la Commission verite, reconciliation et reparations, mise en place par le gouvernement gambien, au lendemain de la destitution de Yahya Jammeh, en janvier 2017. La delegation, dit-il, a egalement sollicite des autorites gouvernementales senegalaises plus de collaboration dans les enquetes concernant les massacres et charniers situes sur le territoire senegalais.   Selon Baba Haydar, le Centre a actuellement recense plus de 1200 victimes du regime de Yaya Jammeh, dont 214 morts parmi lesquels 68 seraient des ressortissants de la sous-region, dont 3 trois Senegalais. Des "crimes contre l'humanite" necessitant que l'ancien chef d'Etat soit traduit devant la Cour penale internationale (CPI), soutient-il.   Dans cette perspective, les membres de la delegation ont rendu visite a des organisations de defense des droits de l'Homme pour partager et echanger avec elles sur les nombreux cas de violations des droits de l'homme, "mais surtout solliciter le partage d'experience dans le domaine du droit penal international", a-t-il avance.   '"Les violations des droits de l'Homme commis par le regime de Yahya Jammeh doivent interesser tous les democrates", a pour sa part reagi le secretaire general de la RADDHO, Sadikh Niasse.   Selon M. Niass, le Senegal qui s'est dote d'une competence universelle depuis 2007, en termes de tortures et crimes contre l'humanite, a l'obligation de s'impliquer pour que justice soit rendue dans les meilleures conditions, a travers "une indemnisation effective, assortie de sanctions penales envers tous les bourreaux et commanditaires de ces faits incrimines".