Manifestations : Article 19 appelle le Senegal a mener des enquetes et a renforcer la securite des journalistes

Politique

Dakar, 6 mars (APS) - Article 19, une association de defense de la liberte d'expression et d'information, appelle les autorites senegalaises a enqueter sur la mort des personnes tuees dans les violentes manifestations et a renforcer la securite des journalistes. Elle reclame aussi, dans un communique parvenu samedi a l'APS, la liberation des politiciens et activistes detenus.    Des activistes ont ete arretes, des journalistes et medias attaques, et au moins cinq personnes sont mortes depuis le debut des contestations antigouvernementales, affirme Article 19.   Face a cette escalade de violence et de tension, le gouvernement doit prendre des mesures concretes pour renforcer la securite des journalistes et proteger l'independance de la presse et l'acces du public a l'information, ecrit l'organisation.   Elle appelle les autorites du pays a faire la lumiere sur les circonstances de la mort des personnes victimes des violentes manifestations et a liberer les politiciens et activistes detenus.    Article 19 affirme que depuis le debut du mois, au moins quatre activistes et leaders des mouvements citoyens, dont Guy-Marius Sagna, sont detenus et accuses d'infractions diverses : menace a la surete de l'Etat, appel a l'insurrection, etc.   Sa directrice en Afrique de l'Ouest, Fatou Jagne, dit etre tres preoccupee par (...) la violence et la destruction des biens publics et prives pendant les emeutes.     Nous sommes profondement preoccupes par les attaques et les menaces dont font l'objet les organes de presse et les journalistes et demandons a toutes les parties de respecter la liberte des medias et de s'abstenir de toute violence contre les medias, affirme Mme Jagne dans le communique.  Elle deplore egalement la coupure du signal de deux medias, WalfTV et SenTV, par le Conseil national de regulation de l'audiovisuel.    De meme denonce-t-elle les violentes attaques contre la RFM, la Television futurs medias, le site Dakaractu, et le journal gouvernemental Le Soleil, ainsi que les violences physiques entrainant des blessures sur quatre journalistes couvrant une manifestation.   Des violences ont eclate dans plusieurs villes du Senegal apres l'arrestation, mercredi 3 mars, de l'opposant Ousmane Sonko, accuse par une employee d'un salon de beaute et de massage de viols repetes et de menaces de mort.   M. Sonko, depute et candidat a l'election presidentielle de 2019, est egalement accuse de trouble a l'ordre public et de participation a une manifestation non autorisee. Inspecteur des impots et domaines, il a ete radie en 2016 de la fonction publique par le president de la Republique, Macky Sall.