Pour une culture de denonciation des violences basees sur le genre

Genre

Dakar, 8 dec (APS) - La deuxieme conseillere technique au ministere de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection des enfants, Absa Wade Ngom, a plaide mardi pour une culture de la denonciation en matiere de violences basees sur le genre, en vue de mieux prendre en charge ce phenomene. "Il faut promouvoir la culture de la denonciation, car avoir ce courage de denoncer est un maillon determinant de la chaine de prise en charge des violences basees sur le genre", a-t-elle declare, en marge d'une visite d'un bureau dedie au traitement des violences basees sur le genre, au poste de police de Grand Dakar.   Une visite organisee par le PNUD, initiateur dudit bureau, en collaboration avec les partenaires institutionnels, pour accompagner le lancement de la video de sensibilisation contre les VBG, en partenariat avec la chanteuse Coumba Gawlo Seck, qui defend cette cause.   Selon Absa Wade Ngom, cette visite s'inscrit dans le cadre de la campagne denommee 16 journees d'activisme contre les VBG, lancee par le gouvernement, en partenariat avec le systeme des Nations unies, du 25 novembre au 10 decembre, sur le theme mondial "Orangez le monde.   "Au niveau national, ces 16 jours coincident avec le lancement de la campagne de vulgarisation de la loi criminalisant le viol et la pedophilie, traduite dans les quatorze langues codifiees", a-t-elle fait savoir.   Absa Wade Ngom rappelle que "les VBG constituent des formes graves d'atteinte a l'integrite physique et morale des personnes dont les principales victimes sont les femmes et les enfants".   Dans cette optique du renforcement de la protection de ces categories vulnerables, l'Etat du Senegal, dit-elle, "a tres tot mis en place une legislation penale, mise a jour avec les mutations de la societe.   Les autorites etatiques sont soutenues dans cette lutte par les organisations de la societe civile et les partenaires techniques et financiers dont l'ONU, a travers le projet de renforcement des capacites des forces de securite dans la prise en charge des victimes de VBG, a-elle ajoute.   Selon Mme Ngom, "le renforcement des capacites des forces de securite est fondamental pour eviter les victimisations secondaires, et par consequent, ameliorer la dynamique interne des services afin de garantir une prise en charge adaptee aux victimes".   "Quoi de plus indignant, de plus degradant que de voir sa mere, sa soeur ou ses enfants subir ces formes de violences, le plus souvent, de la part de personnes tres proches", s'est pour sa part interroge le representant adjoint resident du PNUD au Senegal, El Kebir Mdarhiri Alaoui.   La lutte contre les VBG necessite, d'apres lui, une nouvelle approche consistant a cerner le phenomene a travers tous ses aspects, notamment culturels et communautaires.   A ce propos, il a renseigne que qu'une soixante d'agents de securite ont ete formes dans le cadre du projet de renforcement des capacites des forces de securite dans la prise en charge des victimes VBG, lance en 2018, de maniere conjointe avec le gouvernement.   Il a soutenu qu'au-dela des procedures habituelles, la police doit aussi assurer la prise en charge, le suivi des cas en donnant pleinement la voix a ces victimes cachees.   Il faut que les victimes aient le courage de denoncer. Mais il est important egalement que les victimes soient prises en charge par la police et la gendarmerie pour eviter ainsi la victimisation", a souligne l'artiste chanteuse Coumba Gawlo Seck.   Pour une meilleure prise en charge de ce phenomene, cette session de renforcement des capacites des forces de securite sur les VBG doit etre integre dans le programme de formation des recrues avant leur prise de fonction sur le terrain, a indique la representante de l'Association des juristes senegalaises (AJS), Aby Diallo.   Mme Diallo, premiere femme commissaire de police au Senegal, a egalement insiste sur la formation continue des agents deja operationnels et affectes sur le terrain.