Le nouvel album collaboratif de Alibeta invite a revisiter les liens humains

Musique

Dakar, 6 nov (APS) - Le chanteur et guitariste senegalais Saliou Wagendum Sarr alias Alibeta vient de sortir un nouvel album sous la forme d'une production collaborative, une oeuvre a travers laquelle l'artiste invite a revisiter les liens humains qui donnent sens aux communautes. Intitulee "Nun" ("Nous", en langue nationale wolof, cette nouvelle production de Alibeta a ete presente aux journalistes et connaisseurs lors d'une rencontre tenue samedi a Ouakam.   "Nun est un album qui retrace ce qui nous lie, ce qui fait de nous une communaute. Nun comme disent les wolofs, c'est nous. C'est comment revenir a ce qui nous fonde, ce qui fait l'etre", a explique l'artiste.   Selon lui, ce nouvel album invite "a revisiter les cercles de liens qui fondent notre etre" pour s'ouvrir aux autres. "Chaque personne n'est pas une unite, c'est un ensemble, car forme par plusieurs choses. Nous, c'est aussi l'autre de la meme culture ou d'une autre nationalite, religion, etc.", note-t-il.    "Nous sommes les responsables de ce qui nous arrive, avant de parler des autres, parlons de nous-memes. On est a un moment du monde ou il est important que le regard se retourne sur nous-memes. La responsabilite de notre situation est partagee, mais qu'elle est la notre ?, s'interroge Alibeta.    "On invite chacun a revisiter les cercles des liens. Qu'est-ce qui fait de nous un etre, une communaute", reprend le musicien, insistant sur la necessite de repenser "le cercle primordial de soi-meme, de la famille, de la communaute", l'appartenance a la nation, a un continent et au monde.    Cette deuxieme production collaborative de l'artiste est composee de 14 morceaux aux influences panafricaines inspirees par les voyages et la vie urbaine.   Selon l'artiste, elle est sous-tendue par une question en toile de fond : "Comment construire ou reconstruire l'unite africaine ?"   Dans un titre comme "Goor-Goorlu", Alibeta invite a refuser la fatalite et a faire des efforts au quotidien.    "Cela incombe a chacun d'entre nous, dans toutes les spheres de vie, quel que soit le contexte social, culturel, economique, politique et humanitaire", fait-il valoir.   Pour Alibeta, cet album se veut engage, car l'artiste doit etre selon lui "un tisserand", ce qui explique cette oeuvre produite 100% localement, avec l'ambition de revisiter, sur le plan du style, le  patrimoine oral et musical africain.   "Casa Jazz", autre titre du nouvel album, est un hommage a la Casamance, a travers ses rythmes et melodies de la region meridionale du Senegal. Il considere surtout ce morceau comme un hommage a sa culture de l'initiation qui faconne le type d'homme dans cette partie du Senegal.    "Wiri Wiri", une facon de dire que la vie est un cycle. "Nous revenons toujours a ce qui fonde notre etre social et surtout spirituel. Un cycle qui va du visible a l'invisible, de la vie a la mort, la mort a son tour qui est renaissance", explique Alibeta a propos de ce titre.    Des artistes camerounais, marocains, mauritaniens et d'autres pays encore ont participe a cette production qui compte aussi un manifeste.   Saliou Wagendum Sarr alias "Alibeta" avait sorti son premier album en 2014, intitule "Bani Adama" et fruit d'une collaboration musicale et cinematographique denommee "Ubuntu Roads", avec le Marocain Khalil Sansi et le Mauritanien Cheikhou Ba.