La galerie Kemboury expose un florilege d'artistes aux expressions creatrices diverses

Culture

Dakar, 3 dec (APS) - Une exposition de la galerie Kemboury organisee dans le cadre de Partcours (une manifestation de la scene artistique dakaroise), devoile un florilege de talents artistiques alliant peintures et sculptures, signatures de createurs de generations et d'horizons divers.    Cette exposition, dont le vernissage est prevu samedi, est placee sous le sceau de la collaboration et met en exergue des pieces de qualite pas souvent valorisees, affirme le journaliste et critique d'art Massamba Mbaye, commissaire de l'exposition.    Elle reunit des artistes du Congo, du Burkina Faso, du Nigeria, du Benin et du Senegal, qui dialoguent sur les cimaises de la galerie, offrant ainsi un flash-back historique de la peinture africaine et une vision d'avenir de la sculpture senegalaise.    L'artiste Serge Mienandi, que Mbaye presente comme le plus Senegalais des Congolais, une figure de l'Ecole des peintres de Poto-Poto, a Brazzaville, tisse une trame du bonheur avec des visages aux reflets de masques et aux couleurs multicolores montrant la gaiete et la diversite du continent africain.    Il est sur les memes aplats que son homologue de Dakar (Diatta Seck de l'Ecole de Dakar), meme si beaucoup d'annees les separent. Avec sa danse des masques ou sa suite de visages de femmes appretees, il tisse une trame du bonheur, de l'espoir qui caracteristique les gens du continent premier, qui, malgre une histoire douloureuse, continuent de se lever et de marcher, explique le commissaire de l'exposition.   Avec une exposition posthume des oeuvres de Diatta Seck, la galerie Kemboury, situee dans le quartier dakarois du Point E, rend hommage a un artiste dont les oeuvres meritent d'etre vues, selon Therese Turpin Diatta, sa directrice.    Ce peintre est une figure de l'Ecole de Dakar, mouvement de renouveau artistique ne au debut des independances, entre 1960 et 1974, et encourage par le president senegalais Leopold Sedar Senghor, dans le cadre de la negritude, ce courant litteraire et politique porte par des ecrivains francophones noirs.    Il montre dans cette exposition la beaute de la femme, qui est rehaussee par des barrures etalant son charme.    Il peint, avec une chaleur renouvelee, une certaine vision de la beaute africaine. Sur des aplats si caracteristiques de la periode, on pourrait tres facilement se fourvoyer dans le naif. Mais l'artiste aujourd'hui disparu partage plutot le suc vivifiant de son terroir de soleil, indique Massamba Mbaye.   On trouve, aux cotes de ces pionniers, le Burkinabe Christophe Sawadogo, qui a choisi d'ecrire sur sa palette, Nubi, un Nigerian vivant entre le Senegal et le Benin. Olubenga Ugunnubi, de son vrai, peint une serie de musiciens traditionnels et modernes, avec une precision du mouvement.    Nubi recense au passage des instruments de musique traditionnels qui sont des pans de patrimoine a sauvegarder, explique Mbaye. L'artiste peint sur des toiles comme sur des cansons a acrylique et au collage.   Le Senegalais Gerard Gabayen, venu de Mbour (ouest), trace notre rapport a l'autre et notre lien a l'environnement.    Il y a aussi cette vision d'avenir retrouvee dans l'exposition incarnee par l'heritier du label Makhone Diop, sculpteur de bronze reconnu au Senegal.  Il s'agit de Malobe Diop Junior, qui semble garder l'heritage d'une tradition de bronziers avec des sculptures de musiciens et du peuple maasai.    Au-dela de sa maitrise technique, il est une illustration du prolongement de pratiques d'auteur anciennes qui se renouvellent dans la modernite. Il est a suivre, souligne Massamba Mbaye.   Cette exposition de la galerie Kemboury est une premiere, apres un arret de l'activite artistique qui a dure neuf mois, a cause de la pandemie de Covid-19.    Cette annee, on a trouve plus judicieux de faire appel a des artistes qui travaillent avec nous, pour leur donner l'opportunite de montrer leur travail pendant ce 'Partcours'. Ils sont choisis pour la qualite de leur travail, la relation qu'ils entretiennent avec la galerie, etc. On a essaye un theme qui se rapporte au Covid-19, explique Therese Turpin Diatta.